L’été approche et, avec lui, une question que peu de leaders osent se demander : « Que se passe-t-il vraiment dans mon organisation quand je ne suis pas là? »
Réponse : pas ce que vous espérez. Les décisions qui attendent votre retour, les dossiers au ralenti et l’équipe qui hésite à avancer sans votre validation.
Vos vacances sont le meilleur audit organisationnel qui soit et, souvent, le plus inconfortable.
Voici un paradoxe intéressant : plus vous êtes compétent ou compétente, plus vous risquez de devenir le problème. On vous consulte parce que vous avez toujours la bonne réponse, on attend votre validation parce que vous allez plus vite et on vous implique parce que tout fonctionne mieux avec vous.
Cela fonctionne… jusqu’au moment où ça ne fonctionne plus. Parce que votre organisation ne grandit plus avec vous. Elle s’organise autour de vous, ce qui devient un signal d’alarme.
Comme le souligne Forbes, lorsque trop de décisions restent concentrées au sommet, les organisations créent un « leadership bottleneck » (un goulot d’étranglement du leadership), ce qui ralentit leur capacité d’exécution. Le goulot d’étranglement, c’est vous. Et vos meilleures intentions contribuent à son resserrement.
La plupart des leaders délèguent des tâches, tout en conservant les décisions et les validations. Autrement dit : l’exécution est déléguée, mais vous gardez le pouvoir, souvent de manière inconsciente.
Parce que rester dans tout, c’est aussi rester indispensable. Et l’indispensabilité, ça rassure. Ça confirme la valeur. Ça justifie sa place. Pourtant, il y a une vérité que peu de leaders osent entendre : votre valeur ne réside pas dans ce que vous faites, mais plutôt dans ce que vous rendez possible.
Comme le confirme McKinsey, les organisations les plus performantes ne délèguent pas seulement des tâches, mais bien des décisions. C’est ainsi qu’elles développent de vrais leaders et non seulement des exécutants.
À un certain niveau de leadership, la question n’est plus « Qui fait quoi? », mais plutôt « Qui décide quoi? ». Cela change tout : vous définissez le cadre, clarifiez les attentes et, surtout, déléguez l’imputabilité.
Pensez à la dernière fois qu’un membre de votre équipe est venu vous voir pour une décision qu’il ou elle aurait pu prendre sans vous consulter. Qu’est-ce que cela révèle de la confiance que vous lui accordez réellement?
Sans espace réel pour décider, il n’y a pas de développement. Les équipes à qui l’on ne délègue pas de décisions exécutent sans réelle progression. Cela entraîne des coûts stratégiques que peu d’organisations mesurent vraiment.
Voici comment OSER déléguer avec cohérence :
Avant de partir en vacances cette année, posez-vous une seule question : « Qu’est-ce qui ne devrait plus dépendre de moi, mais dépend encore de moi? »
La réponse à cette question constitue votre feuille de route pour déléguer efficacement et permettre réellement à votre équipe et à votre organisation de grandir.
Parce qu’au fond, déléguer, ce n’est pas lâcher prise. C’est accepter de ne plus être au centre pour enfin jouer pleinement votre rôle de leader.
Sources
https://www.revuegestion.ca/le-leadership-dhabilitation-une-cle-pour-motiver-les-equipes
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