Parlons parcours de carrière

Nathalie Carrier 1 novembre 2022

J’ai récemment reçu un appel de la part d’un partenaire d’affaires en ressources humaines qui souhaitait offrir un accompagnement en gestion de carrière à une employée de longue date qui, malheureuse depuis un certain temps, est venue vers lui pour parler de sa carrière. Durant notre court échange, il s’étonnait de l’audace de son employée de lui parler de ce sujet si personnel.

 

Et pourtant! La carrière est tellement un sujet d’actualité présentement. Je ne compte plus le nombre d’articles et de balados que je vois passer, ou encore de conversations que j’ai eues à ce sujet depuis le début de la pandémie. Il suffit d’ouvrir un instant nos médias sociaux pour tomber sur un article en lien avec la carrière, souvent avec un angle soulignant l’importance d’être en phase avec nos valeurs, de comprendre le sens de son travail et d’y adhérer, d’être sur son X et d’avoir le loisir d’exploiter ses talents.

 

Ce que je trouve particulièrement intéressant, c’est de constater à quel point les organisations, les gestionnaires et les leaders de notre époque sont ouverts à tenir des conversations de carrière avec leurs ressources. Depuis quelques mois, on me sollicite même comme consultante en carrière pour outiller les managers à tenir ce genre de conversation avec leur personnel. C’est vraiment génial pour une conseillère d’orientation organisationnelle! Parler de carrière n’est peut-être pas encore démocratisé dans toutes les organisations, mais nous sommes sur la bonne voie.

 

Dans certaines organisations, il n’est donc plus tabou de parler de notre cheminement de carrière, de nos aspirations, de nos rêves, de nos projets d’avenir, qu’ils soient professionnels ou personnels. Au contraire, il est maintenant possible de traiter de ce sujet dans nos rencontres statutaires avec notre propre gestionnaire, et plusieurs grandes organisations l’ont compris. Elles l’intègrent comme promesse dans leur marque employeur et accordent du temps à leurs ressources pour leur développement et leurs projets de carrière. N’est-ce pas une belle façon de fidéliser le personnel dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre?

 

En fait, je crois fermement qu’il importe de parler de la carrière pour augmenter le niveau de bonheur de notre personnel durant son voyage professionnel au sein de notre organisation. Nous ne sommes plus à l’époque où c’est un sujet de conversation qui ne se tient qu’à l’obtention de notre diplôme d’études secondaires ou collégial pour faire notre choix pour la vie! Effectivement, qui en 2022 fait un choix pour la vie? Nos parcours professionnels peuvent comprendre différentes voies, différentes avenues, différentes routes sur lesquelles nous pouvons rouler, à haute ou petite vitesse. Une statistique intéressante provenant de l’article Est-ce que d’occuper un poste trop longtemps peut nuire à votre carrière? est la suivante : « Les jeunes générations sont beaucoup plus susceptibles de connaître une vie professionnelle plus agitée. On s’attend à ce que les plus jeunes travailleurs (générations Y et Z) occupent entre 12 et 15 emplois au cours de leur vie active. Les travailleurs entre 25 et 34 ans changent d’emploi plus rapidement que leurs parents baby-boomers et la génération X, intégrant un nouveau poste tous les 3,2 ans. À l’opposé, les travailleurs canadiens les plus âgés (65 ans et plus) gardent le même emploi pendant 10,3 ans en moyenne. » Indeed révèle également que les employeurs sont d’avis que la durée idéale d’un emploi serait de trois ans.

 

L’une de mes clientes a récemment partagé avec moi l’article Descendre d’un étage, dans lequel on démocratise la possibilité de faire un mouvement latéral, voire descendant, dans son parcours. « Contrairement à la croyance populaire, modifier la nature de votre rôle n’impliquera pas automatiquement une dévalorisation professionnelle. En d’autres mots, changer de trajectoire en diminuant vos responsabilités ne signifie pas que l’emploi ciblé sera exempt de défis stimulants à relever. » Je ne me rappelle pas avoir déjà entendu parler de cette possibilité de mouvement vers le bas sans qu’on parle de rétrogradation ou encore d’enjeu de performance. Je trouve particulièrement humain de pouvoir lire ce type d’article, qui nous permet de réfléchir à notre route professionnelle en choisissant un autre rythme que celui particulièrement soutenu des autoroutes! C’est comme décider de faire la route Québec-Montréal par la 132 pour profiter du paysage au lieu de filer sur la 20 ou la 40 à toute allure. Vivement la « scenic route »!

 

Maintenant, je suggère tout de même d’avoir en main un plan à suivre pour réussir à bien cheminer dans notre carrière, pour apprécier le voyage pleinement. Partir à l’aventure sans filet de sécurité, sans carte, sans plan d’action et sans préparation peut être particulièrement risqué. Il faut donc rester aux aguets. S’agit-il de la bonne voie pour nous? Est-ce que nous nous laissons influencer par la pression sociale dans le choix de notre voie? Choisissons-nous notre parcours en fonction de mauvaises raisons qui ne respectent pas nos sources de motivation ou nos valeurs?

 

Dans l’un de mes articles précédents, Décider, c’est renoncer!, je partageais avec vous mes réflexions sur la notion de choix qui implique un renoncement. Prendre la décision de se lancer et de naviguer sans filet n’est évidemment pas ma suggestion! Tout comme un périple ou un voyage, une carrière se prépare et ça se planifie. Sans vouloir vous freiner dans votre élan (car il peut être aussi intéressant de se laisser inspirer par les occasions), je vous invite à vous poser et à prendre le temps de suivre les étapes suivantes avant de prendre la route.

  • Faites l’inventaire de votre parcours à ce jour, de vos talents, de vos intérêts et de vos motivations.
  • Anticipez la route à venir et déterminez votre prochain rôle professionnel.
  • Fixez-vous un ou des objectifs professionnels, une ou des compétences à acquérir, à développer ou à renforcer et préparez un bagage à emporter.
  • Travaillez en collaboration avec un ou une spécialiste de la carrière et allez chercher du soutien pour vous rapprocher de votre objectif, de votre destination.
  • Déterminez les moyens, le plan d’action et la carte routière à suivre pour bien progresser dans votre carrière.
  • Prenez le temps de faire des mises au point pour vérifier si vous êtes sur la bonne voie, de façon trimestrielle ou saisonnière.
  • Identifiez les obstacles ou les pièges pouvant freiner votre parcours.
  • Déterminez les stratégies à mettre en place pour prévenir et surmonter les pépins ou les nids de poule sur sa route.
  • Célébrez les victoires, les bons coups et les étapes franchies dès que l’occasion se présente!

 

Alors voilà, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter bonne route et à vous encourager à oser en parler avec votre capitaine, votre manager, votre leader ou votre gestionnaire afin que cette personne puisse vous guider dans votre parcours en toute bienveillance et avec transparence. Si le cœur vous en dit, envoyez-moi une carte postale de votre voyage, de votre périple. Je me ferai un plaisir de vous lire!

 

 

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À propos de Nathalie Carrier

Passionnée par le contact avec les gens, elle conçoit, anime et diffuse des formations auprès de leaders d’entreprise depuis une vingtaine d’années.

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