Connaissez-vous Hyumeet?

Par Sandrine Théard

Les sites d’affichage de postes de type traditionnel sont en mutation. On a vu dernièrement des plateformes mettant de l’avant les mesures flexibles avec Flow.ca, ou bien les gestionnaires avec Bonboss.ca, voire privilégier le recrutement sans CV via son application mobile Appyhere. Et puis il y a un petit nouveau, Hyuman, créé à Québec. Son application Hyumeet se veut être un facilitateur de rencontres entre recruteurs et candidats, mais qui se base exclusivement sur les valeurs, la personnalité et la motivation. J’ai souhaité en savoir davantage et suis allée poser des questions à Antonio Aleman, son fondateur.

-Antonio, peux-tu te présenter?

Anciennement nageur d’élite, j’ai transformé ma passion pour le sport dans l’entrepreneuriat et les technologies de l’information. Après un baccalauréat en administration, j’ai fondé Hyuman recrutement, l’entreprise derrière l’application Hyumeet. Mon entreprise est une nouvelle solution qui permet de jumeler les travailleurs et les entreprises dans un nouveau processus entièrement réinventé et humain. Avec son application, les individus peuvent se décrire de manière authentique sans postuler à un emploi (anonymement) et les employeurs peuvent définir facilement le talent idéal pour leur poste à pourvoir. Un nouveau processus démocratisé supprimant les barrières à l’entrée telles que le CV, la lettre de présentation et les entrevues multiples.

-Comment est né le projet de Hyuman?

Malgré des diplômes d’études supérieures/doctorales et une revalidation de compétences faite au Québec, mes parents n’ont jamais décroché un emploi dans leur domaine et ont dû retourner sur les bancs d’école à la mi-cinquantaine. Ma belle-mère, Line Lacroix, Québécoise de souche, s’est quant à elle retrouvée sans emploi après 23 ans dans une grande entreprise de Québec.

C’est en réalisant que plusieurs candidats vivaient de la discrimination à l’embauche que j’ai décidé d’unir mes forces avec Line Lacroix pour créer Hyumeet. « Nous avons tous les deux été témoins ou victimes de ces obstacles à l’emploi qui font qu’il est difficile pour un immigrant ou encore pour une personne plus âgée d’obtenir une entrevue ».

-Concrètement, comment ça fonctionne?

Le processus est anonyme, du moins au cours des premières étapes. Après avoir rempli leur profil indiquant leurs préférences, valeurs, motivations et traits de personnalité, les candidats voient défiler sur leur écran une série de postes correspondant à leurs critères. Un peu à la manière de Tinder, il suffit de balayer vers le haut pour signifier son intérêt. L’employeur reçoit alors une notification. C’est seulement s’il désire lui aussi aller plus loin que l’identité du chercheur d’emploi est dévoilée.

 

-Si le processus est anonyme pour les candidats, comment les entreprises peuvent-elles avoir accès aux profils complets?

Ce n’est que lorsqu’une personne désire réellement entrer en contact avec un employeur potentiel, même de manière informelle, que l’employeur reçoit le profil du candidat. L’application a été conçue pour permettre aux personnes ouvertes aux opportunités (90 % des Canadiens actifs) et en recherche active (36 % des Canadiens actifs) de pouvoir avoir accès facilement à des offres d’emploi tout en gardant le contrôle de qui peut avoir accès à leur identité.

 

-Votre plateforme est gratuite jusqu’au 11 mars. Quelle sera l’offre de services par la suite?

Malgré un pré-lancement récent (fin d’octobre 2019), plus de 275 entreprises utilisent déjà l’application, et ce, majoritairement dans les grands centres du Québec tels que Montréal, Québec et au Saguenay. Les employeurs bénéficient déjà de l’application qui est 100 % gratuite jusqu’au lancement officiel prévu à la mi-mars. Par la suite, c’est du paiement à l’utilisation lors d’un match commun que l’application prévoit facturer les employeurs.

 

On voulait un modèle juste. Pas de forfaits récurrents mensuels ou annuels. Les employeurs paieront ainsi, uniquement lorsqu’ils ont des résultats intéressants et lorsque les deux parties souhaiteront réellement se rencontrer.

-Comment est perçue votre plateforme jusqu’à présent? Quels sont les commentaires?

Bien que l’application soit dans ses débuts, les entreprises et candidats voient cette application comme étant très prometteuse pour l’avenir. Celle-ci a été nommée comme l’une des prochaines grandes tendances en recrutement et marque employeur 2020 dans un article rédigé récemment sur Isarta Emplois.

-Vous êtes en version bêta. Et vous travaillez déjà sur de nouvelles fonctions. Peux-tu nous en dire plus?

L’équipe derrière l’application Hyumeet travaille déjà sur des investissements majeurs, notamment avec l’intégration de l’intelligence artificielle.

Les entreprises québécoises et canadiennes perdent en moyenne 50 % de leurs ressources à l’intérieur des 18 premiers mois. Neuf départs sur dix sont liés à l’incompatibilité des attitudes plutôt qu’au manque de compétences. Nous sommes convaincus que notre approche pourrait être très prometteuse pour l’avenir. Comme on dit si souvent, on engage par les savoirs, mais, on congédie par les attitudes. »

 

Beaucoup de solutions d’emploi sont axées sur le CV et les compétences, car ce sont des données plus facilement vérifiables et moins subjectives. Nous travaillons avec une équipe de chercheurs en psychologie organisationnelle et en sciences de données afin de mettre au point une nouvelle méthodologie qui nous permettra de mieux déceler le « fit », et ce, grâce à des algorithmes qui agiront à titre d’outils d’accompagnement et de prédicteur de rétention lié au « fit »personne-entreprise.

 

À suivre prochainement, nous ferons un récapitulatif des plateformes et de leurs caractéristiques.

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