Croire en ses talents (et non pas aux contes de fées)!

Par Nathalie Carrier

Je suis dans le train de retour d’Ottawa, je viens de donner une formation à un groupe de nouveaux mentors et je suis vraiment et humblement satisfaite de moi! Je réalise, en ce moment même, à quel point mes décisions de carrière ont été justes dans les dernières années, car j’ai osé croire en moi, en mon potentiel et mettre à profit mes talents, mes forces! J’ai cessé de tenter d’être une autre personne, de faire comme les autres et mes clients me le rendent drôlement bien! Je me suis rapprochée de mon essence naturelle et je suis comblée professionnellement actuellement. Je suis certes fatiguée de ma journée, de la route et d’avoir partagé autant de mon savoir, savoir-faire et savoir-être, mais j’ai le sentiment du devoir accompli! Je suis énergisée et j’ai envie de transmettre au suivant!

Et pourtant, encore ce matin je doutais de moi… Je me questionnais douloureusement dans ma chambre d’hôtel aux petites heures du matin. Je me disais : «  Je suis qui moi pour donner une formation sur le mentorat!?  La petite fille d’un certain patelin que je n’ose même pas nommer tellement c’est méconnu!? La consultante de mi-carrière qui n’est pas doctorante et qui a un titre professionnel bien commun!? La nobody, même pas prophète en son propre pays qui débarque en terre éloignée pour prêcher la bonne nouvelle!? » Vous me voyez venir non? Et, oui, ce fameux syndrome de l’imposteur!!! Ce doute maladif de notre rôle, posture ou encore impact professionnel. Ce discours interne qui nous challenge, questionne, insécurise. Ce hamster négatif, même pas constructif, nuisible, critique qui nous tenaille les tripes avant un mandat important ou une intervention cruciale et qui nous sort de notre zone de confort, de nos pantoufles. Ce démon qui nie ou invalide la propriété de nos accomplissements. Vous le connaissez? Vous voyez de qui je parle?

Quand j’avais environ 17 ans, j’ai eu un instructeur/mentor qui nous formait à l’enseignement de la natation et encore aujourd’hui je me rappelle clairement une de ces lois d’apprentissage : la loi de la délicieuse incertitude! (Il se reconnaîtra aisément, s’il me lit.) En fait, encore aujourd’hui, sa loi tient toujours la route. Immergeons-nous donc dans cette zone de délicieuses incertitudes, ce lieu où nous nous disons : « Ouf! Beau défi à relever! Vais-je réussir? Suis-je à la hauteur? Suis-je la bonne personne pour ce poste ou ce mandat? (…) Oh, et puis zut! Pourquoi pas! C’est possible avec de la préparation et du soutien, non!? Bon OK, je me lance!!! » Bref, faisons taire ce sournois traître de syndrome de l’imposteur et lançons-nous. Plongeons en eaux troubles! Non pas sans filet de sécurité, mais avec de la préparation et de la discipline. Soyons à la fois audacieux et prudents, aventuriers et planificateurs, fous et intelligents, agiles et rigoureux, baignons-nous dans la zone de la délicieuse incertitude!

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Vous lirez probablement ce texte au début de 2019, en ce moment de résolutions où tout est possible, en cette nouvelle année. Je souhaite vous inviter à penser et à réfléchir aux questions suivantes pour vous amener ailleurs et faire taire vos mauvaises fréquentations dans votre tête!

  1. Qu’avez-vous envie de vous lancer comme défi professionnel pour la prochaine saison, année?
  2. Quel(s) est/sont votre/vos talent/s à mettre à profit au travail?
  3. Où se situe votre zone de délicieuse incertitude?
  4. Qui peut vous soutenir avec vos points de vigilance ou vos angles morts?
  5. Est-ce que votre rôle, vos responsabilités, vos tâches sont collés à vos valeurs et à celles de votre organisation?
  6. Pourriez-vous contribuer davantage à rendre votre entourage meilleur, à donner juste un peu plus au suivant?
  7. Qu’est-ce qui vous a rendu le plus fier/fière dernièrement dans votre emploi?
  8. Si je vous offrais un cadre vide à accrocher dans votre bureau, juste à côté de vos diplômes, et que je vous invitais à y insérer une photo de votre plus belle réalisation (sauf une photo de vos enfants mes coquins!), qu’y mettriez-vous comme photo ou image?
  9. Que pouvez-vous apporter de plus à vos collègues, clients, partenaires?
  10. Bref, comment pouvez-vous bonifier votre quotidien et celui de vos proches, partenaires, ou clients?

Vous avez été plusieurs à me dire durant l’automne 2018 que de me lire vous faisait du bien. Et bien, je vous en remercie sincèrement! Je tenais, en échange, à vous rappeler à quel point vous êtes vos propres artisans de succès! Car en toute confidence, les commentaires de ma journée de formation d’aujourd’hui ont été très, très élogieux. Imaginez alors si je n’avais pas osé foncer dans l’aventure, si j’avais écouté mon hamster imposteur, si je lui avais fait confiance et que je m’étais retirée de ce mandat… Et bien, je n’aurais tout simplement pas vécu ce succès! Succès qui aide à bâtir ma confiance, cette belle confiance qui s’acquiert en accumulant des expériences positives, cette confiance qui ne se trouve pas sur les tablettes d’un Jean Coutu, car même si leur slogan dit qu’on y « trouve de tout, même un ami », j’ai eu beau chercher, la confiance ne s’achète pas, elle se bâtit pas à pas!  

Faites donc taire vos démons et votre syndrome de l’imposteur en passant à l’action. Car vous pourriez bien réussir, vous savez! Par contre, soyez intelligents et ne le faites pas aveuglément. Consultez les bonnes personnes, entourez-vous, réfléchissez à vos besoins, attentes, restez proches de vos intérêts, passions et ensuite plongez dans cette belle zone de l’incertitude avec vos outils dans votre sac à dos!


Bonne année 2019 à tous et à toutes!


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