Comment avez-vous vécu votre retour au bureau?

Nathalie Carrier 6 avril 2022

On dit qu’on se fait une première impression en un clin d’œil quand on rencontre quelqu’un la première fois. On dit aussi que cette première impression reste ancrée dans notre esprit et qu’il est très difficile de la changer. 

Dans l’article L’importance de la première impression de Jean-François Tremblay, Ph. D., CRIA on découvre que : « De fait, que ce soit à l’occasion d’un entretien d’embauche, d’une première journée de travail ou dans le cadre d’un premier rendez-vous galant, il semblerait qu’une attention toute particulière soit apportée sur la façon que nous souhaitons être perçus par ces nouvelles personnes que nous nous apprêtons à rencontrer, et cela, dès les premiers moments. De même, les premiers instants lors de la prise de contact avec une personne nouvellement rencontrée semblent avoir un effet marquant sur notre appréciation, positive ou négative, de cette dernière. » Je trouve très intéressant ce que mon confrère auteur a écrit sur le sujet. Je vous invite à lire la suite ici

Une question se pose alors…

Ma question ici est de savoir si la première impression est aussi valable en virtuel? Je m’explique. Disons que nous avons intégré un nouvel emploi durant la période de confinement et que nous n’avons jamais rencontré nos collègues en personne. Un an plus tard, nous rencontrons finalement nos nouveaux (plus si nouveaux) collègues en présentiel. Faisons-nous une autre première impression à ce moment-là aussi? 

Si vous avez suivi le fil de mes articles, vous savez que je fais partie de ceux qui ont commencé un nouvel emploi pendant la pandémie. J’ai vécu ma première vraie journée d’intégration au bureau dernièrement et je dois avouer que ça n’a pas été comme je m’y attendais. Ce n’est pas parce qu’on travaille depuis un certain temps avec des gens virtuellement qu’on les connaît vraiment. C’est comme si on devait vivre notre intégration en deux temps. Malgré le fait que mes collègues aient été accueillants, que ma gestionnaire ait fait preuve de bienveillance et que mon organisation planifie depuis plusieurs mois le retour au bureau avec brio, ce fut tout de même complexe pour moi de retourner au bureau. Et l’importance de cette double intégration – en virtuel puis en présentiel – a été une révélation!

Effectivement, vous arrivez au boulot, vous ne connaissez pas les lieux, vous aviez imaginé Monique particulièrement grande alors qu’elle est toute petite et Jacques est beaucoup plus réservé en vrai qu’en virtuel. Vous aviez aussi négligé à quel point votre équipe serait heureuse de se retrouver, festoyant et se faisant des embrassades comme de bons vieux amis qui se retrouvent après les vacances. Inévitablement, les gens n’ont pas ce réflexe et cette complicité avec vous, car ils ne vous connaissent que derrière un écran. Il s’installe alors une espèce de distance ou encore un malaise auquel vous n’aviez pas pensé du tout. 

Qui plus est, comme vous travaillez avec eux virtuellement depuis un certain temps, on vous accueille un peu comme une « ancienne », mais vous êtes en fait une « nouvelle » sur les lieux de travail! Vous n’avez aucun repère, vous ne savez pas où vous installer, on oublie de vous diriger dans le bâtiment et de vous faire faire la tournée des lieux, et vous n’osez pas le demander. Face à tous les autres qui se connaissent et sont heureux de se revoir, il est difficile pour un nouveau ou une nouvelle de s’insérer dans ce cercle qui lui paraît fermé. Pas fermé parce que les autres nous y refusent l’accès, mais plutôt parce que, de leur point de vue, il n’y a peut-être tout simplement aucun malaise. 

À mon avis, il est encore plus difficile d’être un nouveau en présentiel après un an de virtuel, que d’être un nouveau tout court à l’époque pré-COVID. Vous vous rappelez le stress que vous viviez lorsque vous avez commencé un nouvel emploi? Maintenant, ce stress est multiplié par 1 000. Car même si l’on vit l’angoisse et l’incertitude du nouveau, les gens oublient qu’on n’a jamais mis les pieds dans ce lieu de travail et que tout nous y est inconnu. Mon expérience me fait réaliser à quel point une intégration en personne est essentielle. Je vous soumets donc ici quelques suggestions pour vous aider à réussir votre retour au bureau.

crédits:depositphoto.com

7 recommandations pour un retour réussi!

  1. Planifiez le retour au bureau (car ça ne se fait pas tout seul) puis communiquez, communiquez et communiquez encore!
  2. Mettez les employés seniors à contribution pour qu’ils s’ouvrent aux nouveaux.
  3. Envoyez une invitation officielle (style carton d’invitation) pour le matin du retour et accueillez officiellement tous vos employés dès leur arrivée. 
  4. Organisez des activités d’ancrage et de consolidation d’équipe ou planifiez du parrainage junior et senior pour le jour J. 
  5. Assurez-vous de ne pas planifier des rencontres virtuelles en vrac le premier matin (et invitez votre équipe à faire de même). Gardez des temps « libres » dans votre agenda au cours de cette journée d’accueil!
  6. Assurez-vous que la technologie soit au rendez-vous sur les postes de travail de tous vos employés et que les bureaux soient propres et fonctionnels. À la limite, organisez une journée jeans et seaux d’eau savonneuse pour un ménage en équipe!
  7. Orchestrez plusieurs points de chute ou de rencontres durant les semaines à venir, pas uniquement le premier jour. Une bonne intégration ne se fera pas en une journée seulement!

Mais, il y a plus… 

Il y a aussi la nouvelle étiquette « COVID » dont nous devons tenir compte. Est-ce qu’on se serre la main? Est-ce qu’on garde son masque en tout temps? Est-ce qu’on va vers les autres ou l’on reste dans sa bulle? Et dans une salle de réunion avec un groupe de personnes en mode retrouvailles, pas besoin de vous décrire le bruit que ça génère! Imaginez alors la scène, si en plus vous êtes dans une réunion en mode hybride avec des collègues en Zoom ou en Teams dans une salle avec des gens sur place qui rigolent et échangent à haute voix. La technologie n’étant possiblement pas au rendez-vous, vous devez partager votre écran sur votre petit portable avec tout le groupe! Et si par malheur vous êtes moindrement introverti, alors là c’est la catastrophe! Bref, on a ici un terreau fertile pour des enjeux de communication! 

Je me dis qu’on devrait se créer un nouveau code d’étiquette en lien avec la théorie du DISC de Marston. Vous savez, les fameuses couleurs qu’on utilise en consolidation d’équipe? Êtes-vous un bleu, un rouge, un jaune, ou bien un vert? Les bleus de ce monde utiliseraient le langage des signes pour se dire bonjour, les rouges passeraient directement à l’action en se faisant un salut rapide, les jaunes se feraient des accolades mimées à distance et les verts un beau bonjour en mode yogi! Je ne caricature pas tant que ça quand on y pense! Je pense qu’on pourrait même s’amuser à y voir une façon d’apprendre à se connaître et à se retrouver en mode post-confinement. Nous pourrions créer de nouvelles façons de procéder en mode hybride en s’inspirant des préférences de nos collègues.

profil psychométrique personnalité ( Swissnova )

L’émergence des zones d’ombre

Une chose est certaine, cette période de confinement et de travail virtuel nous aura aussi permis à tous de voir où se situent nos enjeux ou nos zones d’ombre. De mon côté, je n’avais pas réalisé à quel point ce confinement avait pu faire émerger chez moi un début d’anxiété sociale. Deux ans de pandémie, ça laisse des traces. J’ai toujours été un peu timide et je vous avoue que maintenant, à 48 ans, à la suite de mon retour au travail en mode hybride, je réalise que je n’ai jamais été aussi réservée en présence de collègues de travail, ou de personnes qui ne sont pas des intimes à moi. Je fige! Qui aurait dit ça de moi il y a quelques années, en pleine animation d’une conférence devant une centaine de personnes?! Preuve que tout évolue. Pour en découvrir davantage sur ce dernier point, je vous invite à lire les trois articles suivants, qui m’ont mis en paix avec mes toutes nouvelles réactions :

Une chose est certaine, ma première journée au bureau a été bien différente de tout ce que j’avais pu imaginer. Je réalise qu’on apprend encore tous les jours et que même si j’avais particulièrement hâte de voir mes collègues, j’avais négligé l’énergie que peut demander une journée au bureau, entourée de gens et de bruit! Je peux vous garantir que je ne me ferai pas prendre une deuxième fois. Lors de ma prochaine journée au bureau, j’aurai avec moi mes outils ultimes pour m’aider à m’intégrer : ma capacité d’écoute, ma résilience, une bonne gestion de mon temps et ma tolérance à l’ambiguïté!

Et vous, comment se passe votre retour au bureau?

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À propos de Nathalie Carrier

Passionnée par le contact avec les gens, elle conçoit, anime et diffuse des formations auprès de leaders d’entreprise depuis une vingtaine d’années.

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