Mon journal intime d’intégration professionnelle

Incluant les précieux conseils de Janon Hamel

Par Nathalie Carrier

En avril dernier, j’ai écrit un article « d’au revoir » au monde de la consultation pour me diriger vers une grande organisation. Il y a maintenant cinq mois que j’ai fait ce grand saut et vous avez été nombreux à m’écrire pour me souhaiter le meilleur pour la suite.


Comme plusieurs personnes sont en transition professionnelle depuis 18 mois, je me permets de vous partager les réflexions de mon journal intime professionnel pour vous raconter mon intégration professionnelle (en mode virtuel de surcroît).


Question de joindre l’utile à l’agréable, vous découvrirez aussi les conseils d’une coach professionnelle que je respecte : Janon Hamel de chez Humance.


Mon intention : donner au suivant, vous inspirer et vous accompagner dans votre gestion de carrière!


Une semaine avant le jour 1 - Le déni

J’ai terminé mon emploi comme consultante chez Humance. Je suis à la fois triste et fébrile. Mon mentor m’a recommandé de prendre au moins une semaine de vacances entre mes deux emplois. Qu’il est difficile de vivre ce silence radio. Pas d’ordinateur, pas de cellulaire, pas de courriels; je suis envahie d’émotions contradictoires face à ce vide. On me dit d’en profiter, mais je ne suis pas à l’aise de n’avoir rien au menu pour les jours à venir… Je tente de prendre soin de moi (massothérapie, dentiste, esthéticienne, suivi médical, etc.). Je fais même refaire mes photos professionnelles, question de bien marquer cette transition. Cependant, il est particulièrement difficile pour moi de m’arrêter, surtout quand les gens autour de moi travaillent si fort. J’ai de la difficulté à comprendre ce qui se passe, même si c’est mon choix.


Conseils de Janon :

Félicitations, Nathalie d’avoir créé pour toi ce court temps d’arrêt. En prenant le temps de ralentir et de faire le vide, on crée de l’espace pour la nouveauté. En éliminant le bruit, notre connexion à nous-même et notre ouverture augmentent. Inconfortable? Bien sûr… Tu as très bien fait!


Jour 1 - La désorientation

Je reçois une tonne d’encouragements de mes proches. Je me déplace pour la première fois dans mon nouveau bureau, diamétralement différent de mon ancien lieu de travail. Je rencontre pour la première fois ma nouvelle supérieure et un collègue dans un bureau vide depuis bientôt un an, le tout en mode COVID-19, donc masqué et à deux mètres! Je suis désorientée. Je vis un choc culturel et technologique. Je dois réapprendre tout un jargon interne. Ça me prendrait un lexique, une carte routière, un plan pour me guider. Je tombe en mode observation, j’écoute et je prends une quantité effrénée de notes dans mon carnet. De retour à la maison, je réalise que je suis déroutée et une très bonne amie me rappelle gentiment les étapes du changement. Je trouve ça drôle de vivre tout ça, même si je suis particulièrement au fait de ces étapes de gestion du changement. Vive l’humilité!


Conseils de Janon :

Oui… Le savoir dans sa tête et l’expérimenter, c’est différent! Ce mode observation au départ est vraiment utile. Décidément, tu as de l’instinct. Écrire est un moyen de montrer qu’on respecte le temps de ceux qui nous enseignent. Mais restons réalistes… À ce stade, on boit au boyau d’arrosage et il faudra probablement faire répéter tout ça plusieurs fois. Rien à faire, c’est comme ça. Donc Nathalie, jusqu’à maintenant, 10/10! On observe et l’on absorbe ce qu’on peut.


Jour 3 - La découverte!

Je vis une superbe journée de découverte à la suite d’une observation d’animation avec un collègue. Je rencontre les gens virtuellement, toutes des personnes extraordinaires. Les contacts avec mon équipe sont positifs et le plan d’intégration fourni est complet. Je me rappelle mes propres conseils et je planifie de nombreuses rencontres d’intégration informelles et de cafés virtuels. Je cogne aux portes et je me présente avec mon « énoncé de sens » (ou pitch de présentation, inspiré de cette vidéo de Simon Sinek). Je reçois mon matériel de travail et je comprends mieux mes outils. C’est ma journée coup de cœur! On dit que le 3 fait le mois, alors c’est prometteur!


Conseils de Janon :

Bravo de te responsabiliser et de te montrer proactive à te faire connaître. À ce stade, c’est LA chose à faire. Être préparée et savoir quoi dire aide les autres à se sentir confortables et démontre qu’on est disposé à faire sa part. Conseil : pour créer une bonne première impression, se montrer curieux et poser des questions, demander l’avis et les conseils des personnes qu’on rencontre. Faire appel à leurs connaissances, à leur expérience, s’intéresser à leur histoire et être au moins aussi intéressé qu’intéressant. Ceci les fait se sentir considérés et utiles.


crédits:depositphotos.com

Semaine 3 - L’exploration et l’observation

J’explore, j’établis mes objectifs avec ma supérieure, je reçois mes premiers mandats, je continue à faire énormément de réseautage à l’interne et je reçois une quantité phénoménale de formation interne. Je comprends mieux les relations formelles et informelles et je détecte qui sont les vrais décideurs et les leaders implicites. Je suis motivée, je pense avoir fait un excellent choix professionnel et je réalise que le rythme de travail est différent. Je suis passée de la conduite d’une moto marine en solo à la navigation sur un paquebot avec un grand équipage.


Conseils de Janon :

À ce stade, on devient journaliste d’enquête : qui est qui, qu’est-ce qui compte vraiment (comportements, priorités, sources de pression, tabous, etc.), quelle est l’histoire, quelles sont les valeurs, qu’est-ce qui distingue cette organisation des autres? Observer en reportant son jugement le plus longtemps possible est l’attitude à prendre. Une suggestion : se donner la permission d’un constat chaque jour, tout en se tenant prêt à le remettre en question le lendemain. Rester ouvert aux surprises.


Mois 2 - La résistance!

Le deuxième mois n’a pas été facile. Je me demande dans quoi je me suis embarquée! Je vis un tsunami d’incompréhension. J’ai maintenant de la difficulté à lire l’informel et les rencontres virtuelles me pèsent. Je résiste et garde mes anciens réflexes. Certains collègues aiment ça, d’autres me voient comme une menace… Je tente de faire le point, de prendre un temps d’arrêt. J’ai besoin d’être entendue, comprise, rassurée; je me remets en question. J’ai l’impression de perdre beaucoup d’autonomie dans ce nouveau milieu et je m’oppose (poliment et avec diplomatie) à certaines façons de faire établies depuis des années. Heureusement, ma supérieure est ouverte à mes commentaires et se met en mode solution pour m’aider dans mon intégration. Comme quoi nos leaders ont définitivement un grand impact sur notre engagement! Elle est ma bouffée d’air frais dans cette période.


Conseils de Janon :

Vient donc ce moment où des écarts à nos préférences ou à nos habitudes deviennent évidents. C’est souvent vécu comme un choc de réalité. On veut bien s’intégrer, mais ne pas être assimilé! Nathalie, un autre bon point pour toi : l’ouverture avec ta patronne. Excellente stratégie. Par ailleurs, ce à quoi l’on résiste persiste… Ma suggestion : poursuivre ton approche proactive en mettant l’accent sur tes collègues. Favoriser ces liens, découvrir qui et comment sont ces personnes, ce dont elles sont fières, leurs talents et leurs zones d’ombre, ce qu’elles sont, ce que tu es et ce que tu n’es pas. Continuer d’être curieuse, sans jugement des personnes. Laisser la nouveauté et les alliances naturelles se développer grâce à tes efforts de rapprochement.


Mois 5 - L’engagement

Je suis plus ouverte pour la suite de ma carrière dans cette organisation et j’envisage de nouvelles avenues et façons d’effectuer mon travail. Je me lie d’amitié avec des collègues qui me stimulent et me soutiennent. Je veux en savoir plus, je suis curieuse, j’entrevois plus d’options à long terme, je génère des idées pour mieux m’intégrer. J’ai décidé de m’engager à fond et d’accepter les différences. Je comprends mieux la direction et les besoins de l’organisation, j’évolue dans ma réflexion. Je suis heureuse et je me sens intégrée. J’entrevois l’automne avec enthousiasme, et malgré certains petits irritants (quelle organisation n’en a pas?!), la balance penche nettement plus du côté positif. J’ai trouvé des solutions pour bien m’adapter à mon nouveau milieu et j’ai confiance en mon avenir professionnel.


Conseils de Janon :

Un des tests importants dans ce choix de s’engager est le moment de vérité où l’on fait valoir ce qu’on sait faire, on sert concrètement et l’on a un impact qui porte notre couleur. C’est à la réaction de l’entourage devant notre initiative et notre apport qu’on voit si l’on peut se sentir chez-soi et s’accomplir dans ce nouveau contexte. Il faut parfois quelques reprises pour arriver à « passer ». Aller chercher du « feedback » auprès de personnes en qui on a confiance accélérera certainement ce processus d’acceptation de notre apport professionnel. Ultimement, c’est dans la qualité de la relation avec le patron, les collègues et les clients qu’on trouvera la clé.


En relisant mon journal intime professionnel, je constate que peu importe si l’on est un professionnel de la carrière ou de la gestion du changement, on passera par toutes les étapes de ce changement. Un peu comme un médecin qui est malade; il aura les mêmes symptômes et recevra les mêmes soins que ses patients. Je trouve intéressant de réaliser avec modestie qu’il importe d’accepter l’aide pour atteindre ses objectifs. Preuve que même si l’on s’y connaît, on a toujours besoin d’un coup de pouce objectif.


En espérant que le partage de mes réflexions vous aidera dans votre intégration. Et surtout, merci Janon, pour tes précieux conseils!

Engagée depuis plus de 30 ans en développement des leaders, Janon Hamel est spécialisée en coaching de gestion depuis 2007. Elle a une excellente compréhension des environnements corporatifs et connaît bien les exigences auxquelles font face les leaders en entreprise. Son approche souple et adaptée aide chacun à découvrir comment optimiser son impact. Son dynamisme et son engagement inconditionnel sont remarqués par tous ses clients. 

- Coach certifiée PCC (Professional Certified Coach) de l’International Coach Federation.

- Maître-praticienne certifiée de programmation neurolinguistique (PNL).

- Certifiée en développement organisationnel du Groupe CFC.

- Maîtrise en administration publique de l’ÉNAP.

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