La bienveillance, une compétence à déployer pour le leader d’aujourd’hui.

Par Nathalie Carrier

En décembre dernier, je me suis lancé le défi d’écrire sur les compétences essentielles pour être un leader actuel en 2021. Après avoir écrit sur la capacité d’écoute en janvier, c’est la bienveillance qui sera à l’honneur ce mois-ci. Le choix de ces compétences est le fruit de réflexion et de partage avec mes collègues. Il est aussi issu de conversations que j’ai eues avec mes clients et se veut le résumé des lectures et de la vigie que j’effectue sur le leadership actuellement. Évidemment, je ne suis pas la seule à m’intéresser à la bienveillance. Les articles, les livres et autres écrits sur le sujet abondent sur le net. D’ailleurs, dans son article Managers, voici les 10 compétences clés pour doper votre influence*, Laura Makary explique que la bienveillance est la 1re compétence tendance pour être un leader naturel que l’on a envie de suivre.

Tout d’abord, qu’est-ce que la bienveillance?

Selon Larousse, la bienveillance est « la disposition d’esprit inclinant à la compréhension, à l’indulgence envers autrui ». Selon Le Dictionnaire Français, « c’est la capacité à se montrer indulgent, gentil et attentionné envers autrui d’une manière désintéressée (avec altruisme) et compréhensive et aussi envers soi-même. »

Un de mes enfants m’a aussi bien fait sourire dernièrement en la définissant comme suit : « La bienveillance, c’est quand on est capable de rester bien éveillé, bref : bien-veillant! » J’ai trouvé sa perception de la bienveillance bien singulière et je me suis dit qu’effectivement, il faut rester attentif à l’humain si l’on veut être bienveillant. Il faut être bien éveillé, conscient de l’autre!

Bonté, indulgence, compréhension, cordialité, altruisme… Tous des synonymes du mot provenant du latin benevolens, qui signifie « vouloir du bien ». Ça fait du bien à l’âme de lire tous ces synonymes, non?


Les grandes lignes de la bienveillance selon deux auteurs

Une bonne amie m’a fait cadeau d’un petit livre qui est resté longtemps sur mon bureau de travail puis sur ma table de chevet : Les 10 commandements de la bienveillance en entreprise, de Gaël Chatelain-Berry. Ce livre succinct est comme une petite bible de référence sur la bienveillance.

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Chatelain-Berry y explique avec efficacité le concept de bienveillance. « On me demande souvent une définition de la bienveillance en entreprise. En fait, il y en a énormément mais j’essaye, autant que faire se peut, de faire comprendre que la bienveillance est avant tout une attitude, quelque chose de très spécifique dans sa relation à l’autre. Durant ma carrière de manager, j’ai rencontré un grand nombre de personnes dont le seul objectif était... leur carrière. Trop souvent, au quotidien, en entreprise, on oublie que l’on n’est rien sans ses pairs. Les personnes bienveillantes se reconnaissent très facilement grâce à leur comportement. Bien entendu, il y en a beaucoup plus que dix, mais déjà, ces dix-là sont un bon départ. Voici, selon moi, les 10 comportements clés d’une personne en entreprise, qu’elle soit manager ou managée. »**

Les personnes bienveillantes :

  • écoutent;
  • sont ponctuelles;
  • sont polies;
  • sont calmes;
  • mettent en avant les autres;
  • sont positives;
  • partagent;
  • sont fiables;
  • répondent à leurs courriels;
  • sont exemplaires.

Dans son livre audio Devenir un manager bienveillant***, Karima Chibane résume très bien aussi la bienveillance pour les leaders d’aujourd’hui. Elle mentionne que de nos jours, « … les managers ont activé de nouvelles ressources. Un entraînement à la relation devient nécessaire. Notamment pour développer l’empathie et connaître l’intelligence émotionnelle. Le manager devient un leader. » La bienveillance est donc une compétence à valoriser, car « … le leader qui a une intelligence relationnelle développée, qui adopte une attitude managériale bienveillante et congruente représente le manager de demain! »

Cette auteure présente le management congruent et bienveillant en le décrivant en 12 points :

  • faire de l’écoute active;
  • donner du sens;
  • veiller au bien-être des individus;
  • chercher à atteindre le mieux-vivre ensemble;
  • reconnaître le droit à l’erreur;
  • penser équipe et privilégier la coopération;
  • rester positif;
  • instaurer le respect par l’exemple;
  • prendre des risques personnels;
  • gérer la solitude du pouvoir;
  • être authentique;
  • développer son humour.

Maintenant, la question qui tue!

Comment mettre le tout en pratique dans un contexte de pandémie et de confinement, une période où l’on n’entre en relation que derrière un écran « froid », en sourdine ou sans caméra activée, avec des images qui figent de temps à autre, souvent au pire moment?

Selon moi, c’est en développant le plus possible la fraternité et en jumelant des employés (en duo, en trio ou en quatuor) que nous pourrons y arriver. C’est après avoir lu l’article d’Emmanuelle Duez, Eléonore de Perthuis et Rose Ollivier, La fraternité, nouveau levier de succès en entreprise?**** que m’est apparue comme une évidence notre meilleure option pour faire preuve de bienveillance : provoquer la fraternité, même virtuellement. Lorsque l’initiative est mise de l’avant par le leader, elle a encore plus de valeur et de légitimité aux yeux des employés. Je m’explique en vous donnant quelques exemples :


  • organiser des cafés virtuels en trio avec différents types de questions à répondre (loufoques, divertissantes, sans lien au travail, etc.);
  • faire du parrainage ou du marrainage auprès de nouveaux employés sur une base régulière, fréquente et définie dans le temps;
  • revamper un programme de mentorat avec la lunette de l’empathie et du bien-être;
  • libérer du temps pour converser de tout et de rien un 20 minutes par semaine avec des collègues choisis aléatoirement, dans une rencontre virtuelle organisée par les RH;
  • organiser des marches ou des activités physiques dans le quartier pour prendre des pauses santé en groupe, selon nos champs d’intérêt;
  • faire livrer ou encore mieux livrer soi-même à la maison de son employé une petite douceur ou une surprise attentionnée;
  • écrire une carte postale avec un mot encourageant à son employé ou à son collègue.

Bref, c’est en provoquant des rencontres fraternelles, en recréant l’informel, en prenant la responsabilité comme leader de briser l’isolement, par des moyens différents, parfois simples ou innovants, que nous réussirons à faire preuve de bienveillance.

Vous me direz que tout cela prend du temps… Effectivement! Mais est-ce plus rentable de prendre du temps avec un employé qui est déjà à notre emploi ou bien de voir des départs s’accumuler par manque de bienveillance, de contact, de fraternité, et de se voir ensuite obligé à recruter, encore et encore? À vous de voir!

 

*https://www.capital.fr/votre-carriere/managers-voici-les-10-competences-cles-pour-doper-votre-influence-1364202

**https://www.gchatelain.com/single-post/choses-que-les-personnes-bienveillantes-font-chaque-jour-au-travail

***https://www.audible.ca/fr_CA/pd/Devenir-un-manager-bienveillant-Livre-Audio/B07KSHWGW3?source_code=GDGGBRF0814170003&ipRedirectOverride=true&ipRedirectOverride=true&gclid=Cj0KCQiAgomBBhDXARIsAFNyUqOxe36RThDIZBl1Vnmuk39Nc4cvJHM2BhzGgkQ97zFouEUgJ3yQjh0aAnhDEALw_wcB&gclsrc=aw.ds 

****https://www.hbrfrance.fr/chroniques-experts/2020/12/32751-la-fraternite-nouveau-levier-de-succes-en-entreprise/

 


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