Sept raisons de se former à recruter sans discriminer

Par François Chauvin

Pour 2 raisons liées au légal

1- Parce qu’en France, la loi du 27 janvier 2017 impose la formation des personnes chargé du recrutement pour les entreprises de plus de 300 salariés et pour les organismes spécialisés dans le recrutement et le renouvellement de cette formation tous les 5 ans. 

Les personnes responsables du recrutement comprennent les RH, assistants RH, opérationnels réalisant fréquemment des entretiens de recrutement, chargés de recrutement et assistants de recrutement dans les cabinets de recrutement et sociétés de travail temporaire. Cette obligation relève d’une obligation de prévention de la discrimination qui incombe au chef d’entreprise.

2- Parce que les enjeux liés à la discrimination deviennent plus complexes : les exigences croissantes du Défenseur des droits répondent aux demandes et aux tensions sociales et à des recours contentieux individuels et collectifs de plus en plus fréquents sur la discrimination, l’atteinte à la vie privée ou à la rupture de l’égalité de traitement.


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Pour 5 raisons liées aux tensions sur le marché de l’emploi

3- Le risque d’image liée à la discrimination est d’autant plus élevé quand les entreprises utilisent une démarche marketing de type marque employeur. Ce risque s’est avéré pour les candidats, mais aussi pour la fidélisation des salariés en place quand on connaît l’importance des sujets éthiques dans les causes de départ invoquées.

4- La tension du marché de l’emploi incite, à juste titre, les recruteurs à s’ouvrir à la diversification des profils et à recourir à des dispositifs spécifiques de la politique de l’emploi. Toutes ces approches de discrimination positive peuvent être source de discrimination si elles ne sont pas utilisées avec précaution.

5- La communication digitale pose clairement la question du respect de la vie privée et aussi nécessite, par sa rapidité et son impact potentiel, une véritable maîtrise des contenus.

6- La pénurie continue de talents met les acteurs du recrutement sous stress. La pression, la difficulté parfois extrême à obtenir les résultats attendus pour certains profils, sont les conditions réunies pour involontairement manifester ou reproduire des comportements discriminants.  

7- Enfin, les volumes importants créent de la routine constituée de plus ou moins bonnes attitudes. 

Que ce soit pour le recrutement ou bien le management, la question de la discrimination est une bonne occasion de prendre du recul sur ses pratiques, de continuer à se professionnaliser sans pour autant nécessairement entrer dans des solutions contraignantes. Des conférences, des formations « recruter sans discriminer » sont autant d’occasions de réinterroger ses pratiques pour mieux recruter.


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