Puis-je dire « NON » au télétravail ?

Par Catherine Rousseau

Il y a quelques mois, lorsque nous échangions avec certains gestionnaires, l’idée de penser effectuer de la gestion à distance en permettant le télétravail était inaccessible. « Pourquoi permettre cela à des employés, je ne serai plus en mesure d’évaluer la performance des gens? », « les personnes seront improductives et souhaiteront s’enquérir des tâches à faire à la maison », « je ne serai plus en mesure de bien suivre la charge de travail et de guider les activités à effectuer »! Voilà quelques-uns des commentaires que nous entendions. 


Et dans les derniers mois, étant donné les événements que nous connaissons tous, plusieurs entreprises ont été tenues, de façon in extrémiste, de mettre en place des pratiques qui permettent le télétravail, et ce, même si elles n’étaient pas très chaudes à l’idée.


Et maintenant, selon le rapport de Léger sur « L’avenir du télétravail dans la grande région de Québec », cette expérience a modifié positivement la perception de huit employeurs sur dix (82 %) quant au télétravail.


Ce qui retenait certains gestionnaires, étaient avant tout leurs propres peurs à l’égard du virage que cela engendrerait quant à leurs pratiques de gestion. Offrir plus d’autonomie veut-il dire avoir moins de contrôle!?


L’organisation du travail est un moment de vérité de l’expérience employé. Ainsi, plus cette expérience génère une émotion positive, plus la perception qu’a l’employé de son employeur est positive. Il y a donc là un grand intérêt à se questionner sur la qualité de l’expérience vécue par les employés, leurs besoins et leurs attentes face à des pratiques futures en lien avec l’organisation du travail et le télétravail.


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Gestionnaires, n’ayez pas peur de vous former, de poser des questions à chacun des membres de votre équipe, sur ce qu’ils souhaitent et ne souhaitent pas. Connaître ces besoins vous aidera à identifier vos zones de confort et les zones pour lesquelles vous avez besoin de peaufiner votre approche. Peut-être l’art d’offrir une rétroaction de qualité, ou la personnalisation de vos pratiques de reconnaissance, retravailler votre programme d’appréciation du rendement pour le coller à votre réalité qui a changé, ou même la technologie, pour mieux utiliser les vidéoconférences? 


À vous de voir, mais sachez que ce que les membres de votre équipe vous demanderont, c’est encore un gestionnaire-coach qui saura les accompagner, les écouter et les guider pour propulser le développement de leurs talents et compétences. Alors, outillez-vous pour être en mesure de le faire, et ce, même à distance!


Ah oui, j’oubliais. Dans cette étude de Léger, « 72 % des employeurs ont l’impression que les employés qui travaillaient de la maison étaient autant (62 %) sinon plus (10 %) productifs que lorsqu’ils étaient sur les lieux physiques de leur entreprise ». 


Une relation employé-employeur, basée sur la confiance vous plongera inévitablement dans une relation gagnante-gagnante. Plus de confiance ressentie égale plus de productivité. Alors, maintenant qu’on vous a forcé à faire face à vos peurs liées au télétravail et que vous y voyez toute la valeur ajoutée, pourquoi ne pas vous y adonner allègrement (pour les postes de votre organisation où cela est possible, évidemment 😉!)


Bonne expérience employé!


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