Avec les nouvelles exigences concernant les risques psychosociaux, l’année 2026 sera marquée par une plus grande prise de conscience des facteurs de risques. Parmi les risques psychosociaux, on retrouve la surcharge de travail. Afin de réaliser une analyse pertinente, devons-nous concentrer nos efforts seulement sur la surcharge de travail? Ne serait-il pas plus pertinent de regarder la nature et l’organisation du travail pour y trouver les réels facteurs de risques qui peuvent engendrer une surcharge de travail?
L’analyse des facteurs de risque liés à la nature du travail relève habituellement de la description des postes. Bien que ce document puisse donner une bonne idée des tâches à accomplir dans le cadre d’un poste, il est fréquent de constater que les tâches réellement effectuées diffèrent. Pour une meilleure analyse de la nature du travail, il est donc nécessaire de documenter le travail réel plutôt que le travail prescrit. L’analyse de la nature du travail permet ainsi de documenter toutes les autres tâches connexes qui, parfois, prennent plus de place que celles prévues à la description d’emploi. En documentant l’écart entre le travail prescrit et le travail réel, des éléments peuvent ressurgir et représenter des facteurs de risques psychosociaux inattendus.
Par l’analyse de la nature du travail réel, il est possible de remarquer, entre autres, qu’une personne :
Cette analyse de la nature du travail est complémentaire à celle de l’organisation du travail. Bien qu’elle vise à documenter une possible surcharge de travail, elle peut aussi donner quelques informations pointant vers une sous-charge de travail. Cette dernière est à prendre au sérieux, surtout qu’elle peut avoir tout autant d’impact qu’une surcharge de travail pour une personne.
En plus de la nature du travail réalisé, l’organisation du travail devrait être considérée comme un facteur de risques psychosociaux. L’horaire de travail, le rythme, la durée, la cadence et la fréquence de travail peuvent facilement représenter de potentiels facteurs de risque. Toutefois, plusieurs autres éléments peuvent augmenter la perception de surcharge de travail. À titre d’exemple :
Tous ces éléments sont d’autres aspects de l’organisation du travail qui peuvent influencer la perception d’une surcharge de travail ou limiter la possibilité pour une personne de mettre en place des facteurs de protection pour diminuer cette perception.
Alors que l’évaluation de la charge de travail s’effectue à partir de données quantitatives, en documentant la nature et l’organisation du travail, cette évaluation prend une tangente qualitative. Compte tenu de la subjectivité individuelle associée à la charge de travail, les organisations ont tout avantage à documenter les risques psychosociaux en remettant en question ces différents éléments plus subtils et à ainsi identifier des facteurs de risque pour certaines personnes dans l’organisation. Une approche plus spécifique et moins généraliste permettra de regarder au-delà de la surcharge de travail et de la prévenir par une réduction des facteurs de risque sous-jacents.
Richard Rioux est psychosociologue et conseiller en ressources humaines agréé.
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