Imaginez la culture d’une équipe comme une tour de Jenga. Chaque bloc représente une parcelle de confiance : une promesse tenue, une oreille attentive, une décision juste. Quand tout est bien aligné, la structure est solide, agile et peut s’élever vers de nouveaux sommets. Mais retirez un bloc, une promesse oubliée, une information retenue, une décision mal expliquée, et la tour vacille. Ajoutez quelques gestes maladroits et c’est le « crash ».
Dans le contexte actuel du marché du travail, où la rétention des talents et l’engagement sont au cœur des préoccupations RH, la confiance n’est plus un « luxe » relationnel : c’est le moteur de l’efficacité opérationnelle. Pourtant, elle n’est jamais acquise; elle se construit, se renforce et se protège chaque jour par des actions délibérées.
Sans confiance, l’environnement de travail se transforme en une mauvaise série policière : les gestionnaires commencent à enquêter sans le vouloir et leurs collaborateurs et collaboratrices se sentent comme des suspects. C’est ici que s’installe la microgestion, ce poison qui tue la créativité et l’initiative.
Pour les leaders, faire confiance, c’est comme prêter sa voiture sans assurance : on mise sur la compétence et la bonne foi de l’autre. C’est un acte de courage qui demande des fondations solides. Lorsque cette assurance manque, le stress et l’anxiété grimpent, ouvrant la porte à la fameuse « démission silencieuse » (quiet quitting), où la personne est présente physiquement, mais a déjà quitté mentalement l’organisation.
Pour éviter que votre tour de Jenga ne s’écroule, vous activez trois leviers stratégiques : la crédibilité, la connexion et le cadre :
La crédibilité ne se limite pas à votre titre ni à votre expertise technique. Elle repose sur votre capacité à maintenir un climat de prévisibilité. Les leaders crédibles sont des gens chez qui on peut anticiper les réactions et les valeurs. Leur socle, c’est l’intégrité.
À l’ère du travail hybride, la connexion est devenue le « Wi-Fi émotionnel » de l’organisation. Sans signal fort, les messages ne passent plus et l’engagement s’effrite. Les leaders proches de leurs équipes voient les individus comme des humains avec des expériences, des valeurs et des motivations distinctes, et pas seulement comme des ressources à gérer.
Plusieurs confondent confiance et laisser-faire. C’est une erreur coûteuse. Sans cadre, la confiance devient du flou, et le flou génère de l’anxiété plutôt que de l’autonomie. Le cadre n’est pas une cage, c’est la ligne jaune qui permet de rouler en sécurité sur une autoroute.
La confiance est une plante vivace : si on ne l’arrose pas régulièrement, elle se dessèche. En tant que leader, votre mission ne se résume pas à livrer des résultats ni à gérer des processus. Votre véritable valeur ajoutée réside dans votre capacité à bâtir une équipe confiante qui se fait confiance.
Alors, posez-vous la question aujourd’hui : quel bloc allez-vous solidifier dans votre tour de Jenga?
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