Dire la vérité, est-ce payant?

Michel Rouleau
Michel Rouleau 2 mars 2026

On apprend rapidement dans la vie que dire ce que l’on pense peut nous mettre dans le pétrin… surtout au travail.

Au quotidien, les politiciens et les politiciennes nous habituent d’ailleurs à la langue de bois et aux messages concoctés d’avance par leurs équipes de communication. On les voit contourner les questions, choisir leurs mots et éviter de faire de vagues. Certaines personnes sont devenues des professionnelles dans l’art de ne pas répondre aux questions.

Pour ma part, j’ai un souvenir très clair d’un moment dans ma jeunesse où Bernard Landry, ex-premier ministre du Québec, avait décidé de dire la vérité. Talonné par les journalistes, M. Landry avait dit quelque chose du genre : « Oui, j’en sais plus, mais je ne vous en dirai pas plus. On va vous donner les bonnes informations au bon moment pour bien faire les choses. »

Et ça avait immédiatement mis fin à la mêlée de presse. Tout simplement parce que M. Landry avait été vrai et vulnérable.

Ce souvenir m’est revenu parce que mes deux dernières discussions dans le balado Leader RH m’ont fait constater que la franchise peut se révéler extrêmement bénéfique dans les bons contextes. Et je crois surtout que nous devons, en tant que professionnels et professionnelles RH, créer un climat propice à cette ouverture.

S’affirmer, c’est stratégique

Ce qui est ressorti de ma discussion avec Martine Coulombe, directrice des ressources humaines du Groupe ALLEN, c’est que dire ce que l’on pense est aussi une façon d’être stratégique.

« Si tu m’embauches pour que je te dise ce que tu veux entendre, je ne suis pas la bonne personne, dit-elle. Je vais dire la réalité de ce que je vois, prendre le pouls des gens, l’enjeu qu’on peut y voir. Je suis beaucoup dans cette lecture d’environnement. »

Quand on y pense, ce genre de posture est extrêmement utile pour une entreprise. C’est facile quand tout le monde est d’accord, mais avance-t-on vraiment si l’on se censure par crainte de froisser ou parce qu’on ne se sent pas légitime d’exprimer son opinion?

Remettre en question les choses, lever les drapeaux rouges, discuter des vrais enjeux : voilà trois actions qui permettent d’avoir plus d’impact comme RH.

Une vulnérabilité qui paie

La deuxième discussion dont je veux parler dans ce texte est celle que j’ai eue avec Émilie Desbiens, directrice des ressources humaines chez PCN Physio.

Dans notre échange, Émilie s’est livrée sur l’épuisement professionnel qu’elle a vécu. Pour elle, il faut en parler et bien s’entourer. Il faut dire que ça existe pour sensibiliser les gens… même en ressources humaines.

« Il y a très peu de gens qui nous aident autour. Souvent, on a tendance à être un peu le sauveur », indique-t-elle.

Fait intéressant : Émilie était en épuisement professionnel au moment où elle cherchait un nouveau défi. Alors que plusieurs auraient tenté de le cacher, elle a choisi d’être transparente.

« Je n’ai pas été gênée de dire dès mon processus d’entrevue que j’étais présentement en arrêt de travail, que j’allais probablement trouver ça très difficile et que j’allais en parler. J’ai vraiment eu l’opportunité, la chance, le privilège de travailler avec un directeur général incroyable, très humain, puis on se faisait des touch points régulièrement pour voir comment ça allait », a témoigné la DRH.

Même une fois en poste, elle estime qu’il faut continuer le dialogue et ne pas hésiter à lever la main.

« Il faut lever la main quand ça va trop vite. Il faut être capable de mettre ses limites. Il faut être capable de dire quand ça va, quand ça ne va pas, puis il faut s’entourer, il faut s’outiller de personnes. Les accompagnements avec des psychologues n’ont pas arrêté du jour au lendemain », a-t-elle confié.

Je ne peux m’empêcher de penser à quel point la situation aurait pu être encore plus difficile si elle avait tenté de cacher une telle réalité.

Dans l’épisode Leader RH avec Martine Coulombe

On parle aussi :

  • De son parcours atypique qui l’a menée de l’Abitibi jusqu’à la région de Québec
  • Du développement de compétences et de l’importance du coaching pour évoluer comme gestionnaire
  • Du courage managérial et des outils concrets pour se mettre « dans le beat »
  • De la culture d’entreprise, vue comme une cocréation entre le personnel et l’employeur, qui se vit au quotidien à travers des rites et des façons de faire

Écoutez l’épisode complet : https://www.leader-rh.ca/e/martine-coulombe-groupe-allen/

Dans l’épisode Leader RH avec Émilie Desbiens

On parle aussi :

  • Des réalités d’une entreprise libérée et responsabilisante
  • De la rémunération globale comme levier de mobilisation tangible, lorsque bien communiquée
  • Des pratiques RH dans un modèle organisationnel différent

Écoutez l’épisode complet : https://www.leader-rh.ca/e/emilie-desbiens-pcn-physio/

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Michel Rouleau
À propos de Michel Rouleau

Son écoute et son empathie font de lui un gestionnaire, un recruteur et un animateur remarquable.

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