Le titre peut sembler provocateur, mais il ne l’est pas du tout. Il m’est venu à la suite d’une discussion avec Sébastien Richard, vice-président ressources humaines (pâte, papier tissu et produits du bois) chez Domtar, lors de son passage au balado Leader RH en janvier dernier.
Au cours de l’échange, Sébastien m’a fait part d’une équation. Oui, une vraie équation. En plein balado! Et, pour être bien honnête, elle a profondément changé ma façon de concevoir notre manière de travailler.
La voici : E(ffort) x I(mpact) = R(ésultat).
Pour illustrer la situation actuelle d’une entreprise, Sébastien trace une ligne imaginaire au-dessus de chacune des lettres. « Ça me fait une ligne droite, donc une constante. Je n’ai pas d’amélioration. Je ne me détériore pas, mais je ne m’améliore pas », dit-il.
Pour influencer le résultat, il faut donc jouer avec la grosseur de la lettre E ou de la lettre I. Il faut imaginer un effet de balancier à partir de la ligne droite tracée au départ.
Si l’on grossit le E – donc si l’on demande aux équipes de faire plus d’efforts – la ligne commence plus haut, mais se termine plus bas.
« Je suis obligé de réduire mon R, mon résultat; ça m’amène donc à une détérioration, indique-t-il. Pourquoi? L’essoufflement. Tout le monde travaille fort. Si je rajoute juste de l’effort, je n’ai pas un meilleur impact et les gens vont s’essouffler. Ils ne seront plus capables d’y arriver. »
Autrement dit, plus d’efforts ne mènent pas nécessairement à plus de résultats. Expliquée comme ça, disons que la culture de la performance en prend un sérieux coup.
À l’inverse, si l’on grossit le I – l’impact – tout en maintenant le même niveau d’effort, on se retrouve dans un tout autre scénario.
La ligne part alors d’un point plus bas et se rend vers un point plus haut, ce qui augmente du même coup le R – le résultat.
« À ce moment, je deviens opportuniste. Ça veut dire qu’avec le même niveau d’effort, j’ai beaucoup plus d’impact. J’améliore donc mon résultat à court et à moyen terme. »
Pour Sébastien, le véritable défi de la fonction RH consiste à trouver comment ne pas ajouter de volume ni d’effort, mais plutôt à améliorer l’impact de chacun des processus en place afin d’augmenter les résultats. Le tout, sans créer de découragement!
Sébastien utilise souvent l’exemple de la tournée d’usine pour identifier les sujets d’une rencontre en santé et sécurité au travail.
Il suggère d’utiliser un bloc-notes, de tracer une ligne au centre de la page, puis de créer deux colonnes : les « plus » et les « moins ». Tout ce qui est observé est ensuite classé au bon endroit. On se retrouve ainsi avec une liste de bons coups et de points à améliorer à discuter avec les équipes.
« C’est ce que je veux dire quand je dis « opportuniste ». D’une simple tournée d’usine que tu fais quand même, à ce moment, tu viens chercher de l’impact. Puis, tu parles des vraies affaires. Tu vas aller chercher l’engagement des équipes », illustre-t-il.
Un autre élément marquant de mon entrevue avec Sébastien concerne sa vision du potentiel humain. Selon lui, deux entreprises peuvent avoir accès aux mêmes ressources technologiques, mais c’est le potentiel humain qui fait réellement la différence en matière de productivité.
« Il faut que je m’assure que 100 % des gens, pour toutes les tâches qu’ils font, comprennent pourquoi ils font cette tâche-là… Quel est l’impact de ce résultat dans le processus global ou dans leur travail? Quelle est la mesure de leur performance par rapport à l’attente, qu’est-ce qui est attendu? Si l’on comprend qu’il y a un écart, la personne peut travailler à redresser l’écart », affirme-t-il.
On aborde aussi :
Écoutez l’épisode complet : https://www.leader-rh.ca/e/sebastien-richard-domtar/
Son écoute et son empathie font de lui un gestionnaire, un recruteur et un animateur remarquable.
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