Droit à la déconnexion : un label pour vous démarquer

Par Laurie Michel

Il y a quelques semaines, le Portugal annonçait la mise en vigueur d’une loi pour le droit à la déconnexion numérique interdisant aux employeurs de communiquer avec leurs équipes en dehors des heures de travail sauf en cas d’urgence. Ceux et celles qui s’y aventurent risquent une amende pouvant aller jusqu’à 9 600 euros (13 800 $).


Bien que cela ne soit pas encore d’actualité au Québec, le télétravail ou le mode hybride mis en place à cause de la pandémie a engendré beaucoup de questionnements sur de la gestion adéquate du numérique et sur les temps de repos.


Terminé le temps où nous pouvions décrocher du travail simplement en arrivant à la maison. La technologie a amélioré notre mode de vie de bien des façons, mais elle a également des effets néfastes non négligeables qu’il est important de connaître et d’aborder en entreprise.


      Hyperconnectivité 

Un adulte attrape son téléphone au moins 200 fois par jour en moyenne. Gestionnaire, entrepreneur ou employé, la façon dont nous gérons la technologie a un impact sur notre vie, mais également à l’interne sur la culture d’entreprise, le bien-être de l’équipe et sur la productivité de l’organisation.


Pression autour de la disponibilité numérique constante, dépendance aux réseaux sociaux ou jeux en ligne, peur de manquer quelque chose (FOMO), mauvaise gestion des courriels et des priorités, être hyperconnecté a des répercussions sur notre santé mentale, physique, sociale, mais aussi sur notre efficacité au travail.


Lorsqu’une personne interrompt une tâche, plusieurs fois par jour pour lire une notification, faire défiler des actualités ou clavarder avec des amis en ligne, celle-ci va avoir besoin de plus de 20 minutes pour revenir dans sa bulle en plus :


. de réduire sa capacité de concentration pour la journée;

. de potentiellement provoquer une baisse de motivation en fonction de ce qu’elle aura consommé en ligne;

. d’augmenter son stress à cause de ses minutes de procrastination qui ne l’ont pas fait avancer! 


Non, il ne suffit pas d’interdire le téléphone dans les bureaux! Cela pourrait en fait occasionner encore plus de stress et d’anxiété. La transformation numérique est au cœur des débats depuis plusieurs mois maintenant et il est assez rare que les défis que celle-ci engendre soient abordés. 


Chaque personne a une relation particulière avec la technologie et il n’existe pas de solution globale miracle pour régler le problème de l’hyperconnectivité. Sensibiliser les équipes à la surconsommation numérique et à une meilleure gestion des outils numériques est un premier pas pour les aider à mieux travailler avec et autour de la technologie.


Les distractions numériques mal gérées sont responsables d’une perte de temps quotidienne de 28 % au travail.


crédits:depositphotos.com

      La disponibilité numérique

Un employé qui ne prend pas de temps de repos c’est comme un athlète qui s’entraîne trop, il va finir par se blesser gravement, vouloir quitter ou contre performer. 


Nous ne sommes pas des machines. Il est impossible de fonctionner comme la technologie, sans arrêt 24/24 – 7j7 et un employé hyperconnecté a plus de chance de souffrir d’un épuisement professionnel ou de démissionner qu’un autre.


Notre cerveau a besoin de pause pour amener de nouvelles idées, traiter les informations. Notre corps a besoin de bouger et de se relâcher. Une personne qui n’est pas immédiatement disponible n’est pas moins motivée qu’une autre. Elle prend simplement soin de sa santé pour pouvoir être efficace quand il le faut.


Nous ne devrions pas avoir à nous justifier sur la raison pour laquelle nous prenons des heures de repos au calme et auprès de notre famille sans consulter nos courriels ou notre cellulaire. 


42 % des Canadiens âgés de 35 à 54 ans pensent qu’il est primordial que leur employeur offre la conciliation travail-famille, selon le sondage ADP Canada septembre 2021.


      Bien-être numérique en entreprise

Il est nécessaire d’aller plus loin que d’instaurer uniquement une heure à laquelle les communications entre collègues sont interdites. C’est ce que certaines entreprises ont fait en France, pour donner suite à la loi instaurée pour le droit à la déconnexion en 2016, et cela n’a pas véritablement aidé les équipes avec leur utilisation numérique.


Une personne qui ne comprend pas la problématique d’être hyperconnectée va continuer à envoyer des messages à ses collègues en dehors des heures de travail. Il est important de faire comprendre les répercussions de cette connexion constante sur notre santé, mais également sur celle des autres. 


De plus, la flexibilité des horaires va être de plus en plus d’actualité et il semble primordial de mettre en place des règles autour des communications internes afin de respecter les pics de productivité et les périodes de repos de chacun.


7 personnes sur 10 ont déjà essayé de réduire leur consommation numérique sans y parvenir.


      Le Label Vivala pour se démarquer

Il existe désormais une labellisation pour reconnaître les entreprises qui s’engagent envers le bien-être numérique de leur équipe et qui octroient le droit à la déconnexion numérique en dehors des heures de travail. 


Voici les démarches pour être labellisé : 


. Ateliers de sensibilisation afin d’aider les équipes à comprendre leur relation avec la technologie et leur faire part d'astuces concrètes pour la mise en place d’habitudes numériques saines.


. Sondages pour analyser les pratiques internes autour de la technologie et ainsi guider les organisations avec des pistes de solution personnalisées selon leur réalité, leur secteur d’activité et les problèmes éventuellement soulevés durant l’analyse.


. Remise d’un rapport détaillé et décompte des points pour le label. L’organisation doit répondre à 70 % des exigences de la Charte du bien-être numérique, élaborée par des professionnels issus des secteurs des ressources humaines, conciliation vie famille-travail, juridique et psychologique. Si celle-ci ne répond pas aux exigences du premier coup, l’équipe de Vivala fournit un accompagnement.


Les organisations obtiennent également une boîte à outils afin d’aider leurs équipes à mieux contrôler la technologie et leur temps d’écran au quotidien. Une formule donc clé en main afin de renforcer sa marque employeur.


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