Le CROWN Act américain nous influencera-t-il?

Par Katherine Poirier

Le 3 juillet 2019, la Californie a adopté la CROWN Act, qui prohibe la discrimination basée sur la coiffure et la texture des cheveux. L’abréviation CROWN signifie « Create a Respectful and Open Workplace for Natural Hair », ce qui se traduit librement en français par « Créer un milieu de travail respectueux et ouvert face aux cheveux naturels. »

 

Cette législation vise à enrayer la discrimination visant plus spécifiquement, mais non exclusivement, les personnes afro-américaines dont les cheveux n’ont pas été traités chimiquement afin de les lisser. Elle vise ainsi à assurer de l’ouverture en milieu de travail et à permettre le port de tresses, afro, twists et boucles, puisque certains milieux de travail ont considéré à tort que ces coiffures n’étaient pas professionnelles, rejetant ou discriminant ainsi leurs porteurs et nuisant à la progression en milieu de travail. Le texte de cette loi se trouve ici :

https://leginfo.legislature.ca.gov/faces/billTextClient.xhtml?bill_id=201920200SB188

 

Cette loi vise donc à identifier clairement que les codes vestimentaires ne sont pas neutres lorsqu’ils prohibent de telles coiffures au nom d’un soi-disant professionnalisme, et qu’il en résulte une forme de racisme, bien que ces codes se présentent comme étant d’apparence neutre sur le plan racial.

crédits:depositphotos.com

Ce faisant, la définition du terme « race » dans les diverses législations intègre alors les traits historiquement associés à la race, incluant, sans s’y limiter, la texture des cheveux et les types de coiffures protégées, qui à leur tour comprennent sans s’y limiter les styles capillaires énumérés plus haut. Une législation similaire a été adoptée par les états du New Jersey et de New York, et plusieurs États américains étudient actuellement des projets de loi au même effet.

 

Si la Charte des droits et libertés de la personne ne se voit pas modifiée afin d’inclure cette précision, cette interprétation pourrait être intégrée dans la jurisprudence alors qu’elle aborde la discrimination fondée sur la race. Il est donc approprié à ce moment-ci pour les organisations de revoir les politiques vestimentaires diffusées à leurs employés afin de s’assurer que celles-ci ne créent pas de discrimination indirecte en se fondant sur un stéréotype de ce qui constitue une image professionnelle.


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