Épidémie et milieu de travail : avez-vous un plan de contingence?

Par Katherine Poirier

Sans vouloir être alarmiste, il est important pour toute organisation d’être prête à une épidémie, qu’elle soit bénigne (par exemple, en cas de gastro-entérite ou d’influenza), ou plus inquiétante comme celle qui se dessine peut-être actuellement avec l’émergence récente d’une nouvelle source de maladie respiratoire.

 

En effet, les médias traitent abondamment d’un nouveau coronavirus, maladie respiratoire qui après avoir touché la Chine, le Japon, la Corée du Sud, la Thaïlande et Taiwan a présenté un premier cas aux États-Unis à la mi-janvier 2020.

 

Ce coronavirus fait partie d’une famille de virus respiratoire pouvant entraîner des maladies bénignes chez l’humain,mais également des maladies plus graves comme le SRAS. Selon les autorités américaines, la contagion entre personnes serait avérée. Comme la fièvre Ebola,le SRAS et le H1N1 avant lui, la propagation du coronavirus est facilitée parla mobilité internationale des individus et les interactions avec une personne infectée.

 

En tant qu’organisation, il faut donc prendre quelques instants pour prévenir les impacts potentiels d’une épidémie, que ce soit sur la mobilité de nos employés, par affaires ou par loisirs, ou sur la continuité de nos activités si le taux d’absentéisme devait s’intensifier rapidement.

 

En ce qui concerne la mobilité de nos employés, il est important de se tenir informés des zones à risque afin d’éviter d’envoyer nos employés dans celles-ci, si ce n’est pas nécessaire(particulièrement la ville de Wuhan en Chine). Lorsqu’il n’est pas possible d’empêcher de tels déplacements, il faut prévenir ceux qui voyagent par affaires qu’ils pourraient être tenus de travailler de la maison pour une période de 14 jours suivant leur retour s’ils présentent des signes d’infection respiratoire. Il faudrait également s’assurer d’aviser nos employés qui se rendent en zone à risque, à des fins personnelles, qu’ils peuvent se voir refuser l’accès aux lieux de travail à leur retour si une quarantaine est requise.

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Quant au bon fonctionnement de l’organisation comme tel, si le plan de contingence n’a pas été remis à jour depuis les dernières années, ou qu’aucun n’a été mis en place, il serait important de se pencher sur les mesures qui seraient mises en place en situation de pandémie. Notamment, il est important de réfléchir à des alternatives quant à la chaîne de commandement si des dirigeants sont indisposés et ne peuvent assumer leurs fonctions, et de prendre des mesures afin de faciliter le télétravail si les bureaux doivent être fermés ou que les employés doivent travailler de leur résidence afin de prendre soin d’un membre de la famille qui est malade (s’ils sont eux-mêmes en quarantaine). Les activités devraient ainsi être priorisées, afin de poursuivre les opérations prioritaires de l’organisation si le personnel devait s’avérer réduit pour une certaine période.

Et naturellement, il demeure toujours d’actualité de conseiller à tous d’utiliser les moyens de protection respiratoire de base tant à l’étranger qu’à l’organisation (lavage des mains,éviter les contacts avec des gens qui toussent, tousser sur la manche et non dans les mains quand on est infecté, demeurer à la maison en cas de symptômes de maladie respiratoire). Il peut être approprié d’afficher un rappel dans les salles de toilettes et les aires de repos et de placer à la disposition du personnel du liquide nettoyant antibactérien.

Pour plus d’information concernant le coronavirus lui-même, voici un lien utile :

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1482141/coronavirus-chine-questions-reponses

 

Il est également recommandé de modifier le formulaire de demande d’autorisation de vacances afin que les employés aient à communiquer leur destination. Enfin, il est important de sensibiliser les employés se rendant dans des zones à risque de leur obligation d’autosurveillance des symptômes (fièvre, toux, etc.) et du fait qu’ils devront quitter les lieux du travail et poursuivre en télétravail immédiatement en cas d’émergence de tels symptômes dans les 14 jours de leur retour.

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