Facultés affaiblies au travail : un problème plus sournois qu’il n’y paraît

Par Katherine Poirier 

Lorsqu’on parle de facultés affaiblies en milieu de travail, la consommation d’alcool et de drogue viennent spontanément à l’esprit comme étant le problème à encadrer.

 

Pourtant, les facultés d’un salarié peuvent également être affaiblies par d’autres substances ou circonstances, y compris la consommation de médicaments d’ordonnance ou le manque de sommeil. En effet, les médicaments d’ordonnance, pris seuls ou en conjonction avec un autre médicament peuvent également entraîner des effets secondaires interférant avec la conduite ou la concentration et affaiblir les facultés d’un salarié. Il en va de même avec la privation de sommeil, qu’elle soit suite à un dérèglement du cycle de sommeil, suite aux changements d’horaire nuit/jour ou à des circonstances personnelles (insomnie, apnée du sommeil, autre trouble du sommeil ou présence d’un enfant qui ne dort pas à la maison, etc.), qui peut entraîner des effets importants sur les facultés d’un employé. Problèmes d’attention entraînant un risque accru d’accident de travail ou d’erreur professionnelle peuvent donc en découler.

 

Naturellement, les milieux de travail à hauts risques où la vigilance constante des employés est requise devraient être les premiers à prévoir un encadrement sensibilisant les salariés à des habitudes de vie et à des plans de traitement qui n’interfèrent pas avec le degré d’attention et de motricité requis afin de pouvoir exécuter leurs fonctions en toute sécurité. Mais, les milieux plus cléricaux ne devraient pas sous-estimer de tels enjeux.


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Par ailleurs, plus d’un an après la légalisation du cannabis récréatif à travers le pays, les employeurs devraient songer sérieusement à revoir leurs politiques d’encadrement de la consommation de drogue et d’alcool visant tant la consommation sur les lieux ou dans les activités de bureau, que dans le cadre de la vie privée des employés si cette consommation interfère avec la performance au travail. Plutôt que de ne mettre l’accès que sur la consommation de drogue et d’alcool, ces politiques ont donc avantage à ratisser plus large afin d’encadrer toutes les circonstances pouvant entraîner des facultés affaiblies au travail. Un volet visant la divulgation volontaire du cannabis médical ou de médicaments d’ordonnance présentant des effets secondaires devrait donc être intégré à ces politiques, afin de s’assurer qu’une analyse soit rapidement complétée dès la prescription, afin de valider si le poste doit être adapté.

 

Et, une fois ces politiques bien établies, il est essentiel qu’elles ne demeurent pas lettre morte et soient bien diffusées à tous les employés, avec des rappels périodiques (notamment dans les semaines précédant les festivités de bureau, en ce qui concerne le volet consommation de drogue et d’alcool.)

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