Manager par la confiance

Par: François Chauvin

Pourquoi la confiance est-elle un élément qui revient d’actualité? 

C’est lié à l’évolution du lien professionnel avec la distance qu’introduisent les nouvelles formes de travail dans le fonctionnement des équipes (télétravail, management à distance, management transversal et de projet) et les nouvelles attentes des collaborateurs. Le manager de proximité et la relation de confiance qu’il peut inspirer reviennent au cœur des relations de travail.

La confiance est aussi un enjeu majeur pour manager l’information et la connaissance qui sont la ressource la plus précieuse de l’entreprise. Pour l’entreprendre, il est nécessaire d’avoir des relais de confiance en interne ou en externe pour des données économiques et humaines fiables. C’est que se demandent en premier des investisseurs. 

Pourquoi la question de la confiance est-elle si épineuse?  

La confiance invite des éléments de la vie personnelle au cœur de la vie professionnelle. Une crise de confiance vient réveiller les traumas fondamentaux (sentiments de trahison, d’abandon). Cela a plusieurs conséquences :

  • des comportements extrêmes ou irrationnels : par exemple, entre associés une relation fusionnelle avec des angles morts importants qui conduit à une séparation violente lorsque la confiance n’est plus là; 
  • les leviers de la confiance sont un facteur si personnel que nous supposons que l’autre met la même chose que nous derrière ce mot. Respect des engagements, transparence des informations, maitrise du métier, autant de leviers de la confiance qui sont rarement explicités;
  • la confiance est quelque chose de mutuel, de réciproque, totalement étanche à la notion de pouvoir. Tout au plus un manager peut-il avoir comme prérogative d’avoir à aborder ce sujet.
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Par quoi passe la confiance?

Une orientation vers le futur : les preuves de la confiance se donnent dans le présent, elles ouvrent un futur possible. C’est aussi en ayant en tête l’idée de ce futur que nous pouvons relativiser les manquements, les insuffisances. Ce qui nécessite de définir une vision, des étapes progressives dans la construction d’une relation professionnelle.

Le renforcement positif, l’appréciation positive, ce qui passe en amont par des objectifs réellement atteignables et plus difficiles au fil du temps. 

La constitution d’alliances. On ne peut gagner un défi sans amis et à ce titre il est important d’avoir une stratégie d’alliance et de coopération et d’être au clair sur ses besoins, sur l’équilibre entre donner et recevoir et sur la manière de faire circuler l’information. Le réseau est basé sur des liens de confiance interpersonnels qui viennent renforcer la confiance.

Le courage managérial, pour ne pas laisser des comportements remettre en cause les valeurs partagées.

La proximité physique et digitale avec un nombre limité d’acteurs. Attention aux ensembles trop vastes, aux organisations trop complexes, aux crises de croissance qui vident les organisations des liens de confiance.

L’écoute : la capacité d’un interlocuteur à vous écouter donne confiance. Par le sentiment d’être entendu, aussi par l’image de calme, de disponibilité et de solidité que donne la personne qui vous écoute.

Pour aller plus loin, posez la question de la confiance à vos collaborateurs!

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