10 solutions pour faire face à la pénurie de main-d’oeuvre (post COVID-19)

Par Emilie Pelletier et Didier Dubois

Même si l’on commence à voir le bout du tunnel dans la période de turbulences que nous connaissons, cela ne veut pas dire que les enjeux qui prévalaient dans les entreprises du Québec avant la COVID‑19 sont pour autant choses du passé. On aurait pu croire que la fermeture malheureuse de certaines entreprises aurait contribué à rendre disponible une certaine main‑d’œuvre pour les organisations qui recrutent. Il n’en est rien. Non seulement nous avons presque retrouvé le niveau historiquement du plus bas taux de chômage d’avant mars 2020, mais la croissance des entreprises est au rendez-vous. En fait, 96,8 % des emplois ont été retrouvés et le Québec est à nouveau la province ayant le plus bas taux de chômage au Canada. Il est grand temps de vous doter d’un plan de match… si ce n’est pas encore fait!

 

Une pénurie qui s’aggrave

Une étude récente de laFédération canadienne de l’entreprise indépendante mentionne que près de 70 % des PME québécoises font face à la pénurie, qu’un quart d’entre elles ont dû refuser des ventes et des contrats et près de20 % ont annulé ou reporté des projets faute d’employés.

 

Nous vous proposons donc une réflexion en 3 étapes :

-      Avez-vous fait la base?

-      Avez-vous commencé à mettre en place des mesures palliatives?

-      Êtes-vous en mode innovation?

 

Les propositions qui suivent ne sont pas exhaustives, mais se veulent plutôt des pistes de solution pour vous permettre d’identifier celles qui conviennent le mieux à votre situation.

 

La base

Nous vous proposons donc une réflexion en 3 étapes :Nous vous proposons donc une réflexion en 3 étapes :

1. Avez-vous pris le virage « attraction »


Bien entendu, si vous n’avez pas encore revu votre discours d’attraction pour considérer le fait que le marché est inversé et donc qu’il y a un surplus d’offres par rapport aux candidats disponibles, il est temps de le faire. Il est clair que vous pouvez commencer par vérifier si votre rémunération est encore concurrentielle. La pénurie actuelle met une pression énorme sur les entreprises et il n’est plus rare de voir des postes de journalier sans expérience ni formation prérequise dont le salaire débute entre 20 $ et 25 $l’heure. Mais ce n’est pas tout, si vous n’attirez que des candidats intéressés par un salaire, ils risquent de vous quitter rapidement pour un meilleur salaire offert par une autre organisation. Vous devez donc consulter vos employés pour identifier ce qu’ils aiment dans leur travail et ce qui les pousse à continuer de travailler pour vous. Listez ces arguments et utilisez-les pour bâtir une solide plateforme d’attraction.

2. Avez-vous revu vos classiques?


La deuxième étape est de revoir vos principaux outils de recrutement. Votre section carrières, vos offres d’emploi et l’ensemble du matériel que vous utilisez pour vous valoriser auprès des candidats doivent être non seulement mis au goût du jour, mais également ajustés en termes de message pour vous différencier sur le marché de l’emploi.

3. Êtes-vous en mode ventes?


Sans pour autant bouder les outils traditionnels comme les sites d’affichage de postes «jobboard» et les réseaux sociaux, vous devez maintenant aller explorer de nouveaux médiums. Il reste encore des candidats actifs (41% des candidats songeraient d’ailleurs à changer d’emploi), mais seuls 11% d’entre eux se seraient mis en action. Il faut donc aller également les cibler à l’aide d’outils qui servent habituellement à parler aux consommateurs. Vous aurez remarqué de plus en plus de supers panneaux sur le bord des routes qui sont utilisés à des fins de recrutement. Même chose pour les abribus, le microciblage sur les téléphones les publicités radio, etc.


Les mesures palliatives

4. Ouvrez-vous aux profils transversaux


Il faut peut-être faire le deuil de la quête incessante du candidat parfait et s’ouvrir à des personnes qui n’ont pas toutes les compétences, mais que l’on formera beaucoup plus que ce que l’on faisait auparavant. Non seulement on n’a pas le choix, mais de toute manière, c’est une solution gagnante puisque les études démontrent que former les employés contribue à les fidéliser.

5. Explorez de nouveaux bassins


Les bassins de candidats qui ont été historiquement boudés par les entreprises devraient maintenant, plus que jamais, être explorés. Nous parlons entre autres des candidats compétent sen situation d’handicap ou encore, en réinsertion au travail. Ces groupes ont longtemps été perçus comme étant complexes à intégrer. Il est maintenant temps de leur faire une place et de bénéficier de leurs talents. Si vous avez des craintes, rassurez-vous, il existe non seulement un support financier au niveau gouvernemental pour faciliter l’intégration, mais de nombreux OBNL sont également disponibles à cette fin. Avec la COVID‑19, la possibilité d’aller chercher les employés talentueux à l’international est temporairement ralentie, mais on devra redoubler d’efforts pour attirer des travailleurs étrangers lorsque ce sera à nouveau possible.

6. Misez sur le télétravail


Si vos postes sont compatibles avec le télétravail, pensez à ouvrir votre recrutement vers d’autres régions, parfois éloignées, où vous pourriez trouver d’excellentes candidatures.

 

Êtes-vous en mode innovation

7. Créez de sites satellites


On observe actuellement une croissance importante du nombre de bureaux satellites disponibles dans les entreprises. Le principe est simple :plutôt que de forcer l’ensemble de vos employés à venir travailler dans un seul et même site, on élargit notre capacité de recrutement en ouvrant de plus petites unités d’affaires dans des régions où la main‑d’œuvre est plus présente(ex. : Montréal versus Rive-Sud).

8. Restructurez votre offre

 

Il va s’en dire que la pénurie nous force aussi à optimiser nos opérations pour nous assurer que chaque emploi disponible soit maximisé dans la création de valeur pour l’entreprise. Il est peut-être temps d’abandonner certains produits ou services moins performants pour concentrer votre force productive sur ceux qui génèrent le plus de richesse.  

9.Robotisez vos activités


La robotisation totale ou partielle de certaines de vos activités devra sans doute être considérée. Il peut s’agir de l’acquisition de robots pour assister vos employés (ex. : exosquelette, bras robotisé, etc.) pour permettre à ces derniers d’améliorer leur productivité. On devrait peut-être aussi penser à robotiser certaines portions de la production. Gardons cependant en tête qu’en période de ralentissement économique cela pourrait accroître les pertes d’emploi potentielles.  

Crédit : «Construction | Attirer les jeunes maçons avec les exosquelettes. La Presse , 13 mars 2021, https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2021-03-13/construction/attirer-les-jeunes-macons-avec-les-exosquelettes.php.

En conclusion

Avec la pression subit, vous pourriez facilement sombrer en mode panique et délocaliser vos activités ou encore, y mettre un terme. Mais avant d’en arriver là, il faut explorer les autres options, car la période que nous vivons peu vous permettre de réaligner vos stratégies afin d’optimiser vos pratiques d’attractions.

 

10. Misez sur l’expérience employé
Finalement, rappelons-nous qu’avant  même de déployer des efforts pour attirer des employés, il faut prendre soin de ceux que l’on a. Si vos employés sont heureux chez vous, ils seront engagés et vous aiderons à optimiser vos activités, ils ne vous quitteront pas et réduiront ainsi vos besoins de recrutement et plus encore, ils deviendront des ambassadeurs et contribuerons à attirer des employés. La meilleure manière d’attirer des employés, c’est de prendre soin de ceux que l’on a.

 

À proposMentions Légales