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Leaders, vous n’avez pas à choisir entre performance et bienveillance

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Pascale Dufresne 28 février 2023

À l’ère où nous n’avons plus à convaincre personne que les habiletés humaines du leader sont essentielles pour créer des espaces de sécurité psychologique et de saine performance, nous faisons face à un nouvel enjeu.

Les dirigeants sont soumis à des demandes incessantes de bienveillance quand, en même temps, il n’y a pas de place pour faire des compromis sur les résultats.

J’en connais plusieurs dont les oreilles frisent juste à entendre le mot « bienveillance » qui a souvent été surutilisé et vidé de son sens.

Être bienveillant, c’est veiller au bien (son propre bien et celui des autres).

On peut s’indigner contre ceux qui se sont emparés de ce mot pour le commercialiser et en faire une mode, mais la bienveillance, on en a tous besoin, dans le leadership, nos familles, nos communautés, dans le monde! Nous avons besoin que chaque personne veille au bien individuel et collectif.

Veiller au bien ce n’est pas être excessivement gentil, être un tapis, être mou, sans couleur et sans saveur. Et ça n’est pas être complaisant.

En conséquence, nous semblons être tombés dans le piège de la pensée binaire entre bienveillance ou performance. Les leaders savent que les deux sont essentiels, mais ils ont du mal à maximiser la performance tout en maximisant également le soutien accordé à leurs employés. C’est soit l’un ou l’autre.

 

Mais, leaders, vous n’avez pas à choisir entre performance et bienveillance. Voici quelques principes pour réconcilier les deux :

 

1. Une question de dosage

Faire le « ET » entre performance et bienveillance, c’est une question de dosage. Un peu comme lorsque nous cuisinons une recette, le succès de celle-ci repose sur le bon dosage des ingrédients. En leadership, chacune de nos actions et de nos paroles devraient contenir à la fois une attention aux résultats et à la fois une attention aux humains.

 

Dosez fermeté et bienveillance. Injectez de la bienveillance dans chaque action.

 

2. Visez une performance...durable

Pour réconcilier ce paradoxe : veiller au bien, (son propre bien et celui de ses équipes), sans sacrifier la performance, il importe d’abord de redéfinir la performance.

Nous avons choisi pendant longtemps, trop longtemps, de faire passer la performance en premier. D’extraire le jus des personnes pour créer des résultats (au lieu de nourrir les personnes avec du sens pour les inspirer à l’action). Et nous réalisons maintenant que cela a un prix. Un prix énorme. Cette approche de performance à tout prix et à court terme crée du désengagement, de l’épuisement et de la souffrance organisationnelle.

 

Visez le long terme. Même si cela demande du courage et d’oser ralentir. Visez une performance durable: une performance saine, consciente et respectueuse des humains.

 

3. Favoriser la sécurité psychologique plutôt que la gentillesse

En 2012, Google a lancé le projet Aristote30 afin d’éclaircir un grand mystère du domaine du leadership : qu’est-ce qui fait qu’une équipe de travail est efficace? Un an plus tard, une centaine d’équipes étudiées et des dizaines de spécialistes consultés en sont venus à la conclusion que la réponse était : la sécurité psychologique. C’est-à-dire lorsque les membres d’une équipe pensent qu’ils peuvent prendre des risques interpersonnels en toute sécurité, sans avoir honte, sans être rejetés ou punis.

 

Soyez un leader créateur d’espace de sécurité psychologique en donnant le droit à l’erreur, en étant inclusif, en favorisant la prise de risque et l’apprentissage et en osant la vulnérabilité.

 

4. Intéressez-vous à l’autre avec sincérité

Ces quelques mots « Comment ça va? » sont devenus un rituel un peu vide de sens. Sans être vraiment attendre la réponse, nous sommes rapidement rendus ailleurs en pensée, à la prochaine chose à faire sur notre liste.

Pourtant, comme humains, nous avons besoin d’être vus et entendus : « Dis-moi, je t’écoute, comment te sens-tu ? Comment est la vie pour toi en ce moment ? Comment ça va... vraiment ? »

 

Comme leaders, soyez pleinement présents et à l’écoute afin d’accueillir la réponse comme un cadeau. Car le leadership, ça se passe au-delà des mots. Être un leader, c’est avoir le courage de dire, mais surtout avoir le courage d’écouter. C’est voir l’autre pour ce qu’il est et non uniquement pour ce qu’il fait.

 

5. Faire le deuil de vouloir plaire à tous

Il est possible que vous ayez inconsciemment développé des stratégies de plaire à tous ou vous conformer afin d’éviter les conflits.

Mais ÊTRE un leader, c’est accepter de déranger, de décevoir, prendre des décisions impopulaires et avoir des conversations difficiles. Au nom de ce en quoi on croit.

 

Soyez authentiques, osez votre voix et votre vérité et osez les conversations courageuses.

 

Nous « gérons » des choses (résultats, objectifs, plans, etc.), mais nous « leadons » des humains

 

Et ce n’est pas rien! Il est donc important comme leader de bien faire, mais surtout de faire du bien.

Nous avons tous des choses difficiles à faire comme leaders, des décisions courageuses à prendre, mais nous pouvons choisir consciemment comment s’y prendre pour injecter de la bienveillance et de l’humanité.

Comme l’a dit John C. Maxwell  « Les gens ne vous tendent pas la main s’ils ne voient pas votre cœur. » Vous surpasserez les résultats attendus et les gens auront envie de vous suivre, si vous injectez de l’humanité dans chacun de vos actions, gestes et paroles!

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