L’étoffe d’un leader

Par Mario Côté

Être un leader, formel ou informel, vient nécessairement avec un potentiel d’impact immense dans une entreprise, tant au niveau du climat organisationnel que de la performance.  


On sait à quel point un leader négatif peut, à lui seul, affecter les relations de travail, la performance, la qualité d’un service, et même contribuer au départ de bons joueurs dans une équipe.  


À l’inverse, un leader charismatique peut orchestrer un changement majeur tout en fédérant les gens autour de son projet, ou grandement contribuer à l’attraction et à la fidélisation d’une équipe de rêve!


Il est maintenant largement reconnu qu’il n’y a pas qu’un seul type de leadership. Les leaders peuvent donc être extrêmement différents en fonction des environnements où ils évoluent. Certains sont réservés et analytiques alors que d’autres font rayonner leur organisation en étant invités à toutes les tribunes. Au-delà du profil de l’individu lui-même, les bons leaders savent aussi adapter leur style de leadership en fonction des situations.


Cela dit, il est maintenant reconnu que les plus grands leaders ont tous une intelligence émotionnelle élevée. Le psychologue et auteur reconnu en ce domaine, Daniel Goleman, ayant lui-même introduit ce concept en 1995, va même plus loin : « Sans cette dernière, un leader peut avoir une formation de haut niveau, une logique implacable, ou une créativité sans fin, il ne sera jamais un grand leader ».


Bien que les compétences techniques, le savoir-faire et l’intelligence soient essentiels et souvent reconnus pour faciliter l’accès à un statut de leader formel, ils ne garantissent pas le succès à eux seuls! Daniel Goleman indique que l’intelligence émotionnelle est deux fois plus importante que ces dernières compétences à tous les niveaux dans l’organisation et ses études démontrent que dans le tiers supérieur de la pyramide hiérarchique, elle compte pour 90 % de ce qui distingue les leaders moyens des « top performers ».


Mais qu’est-ce que l’intelligence émotionnelle au juste? Comment la détecter et comment la développer?

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Il y aurait cinq composantes essentielles à cette dernière :

La connaissance de soi se traduisant essentiellement par une fine compréhension de soi et de son impact sur les autres. Cela passe par la connaissance de ses forces et de ses faiblesses, la capacité à rire de soi, à accepter de faire des erreurs et en tirer des leçons renforçant la confiance en soi tout en étant à l’aise de demander de l’aide au besoin.

L’autorégulation se caractérise par la capacité à contrôler ses pulsions et à réfléchir avant d’agir. Cela passe par la capacité à faire preuve de considération pour soi et les autres, par une capacité à trouver du confort en situation d’ambiguïté ou de changement et à agir avec intégrité.

La motivation est un des traits qui caractérise pratiquement tous les grands leaders. Ils ne sont pas motivés par l’argent ou le statut, mais par un désir profond d’accomplir un travail qui dépasse les attentes. Ils sont passionnés, curieux, engagés et optimistes. Ils n’ont pas peur de se mesurer et de placer la barre toujours plus haute.

L’empathie est cette habileté à considérer les émotions des gens qui nous entourent et à en tenir compte lors de la prise de décisions. C’est aussi une capacité à lire entre les lignes et à saisir ce qui n’est pas dit. C’est une habileté d’autant plus grande à développer puisque nous travaillons plus que jamais en équipe, dans des environnements complexes, en constante évolution, où l’attraction et la fidélisation de la main-d’œuvre deviennent des enjeux primordiaux du succès d’une entreprise. L’empathie du leader devient ainsi un élément d’une importance capitale dans tous ces contextes.

Enfin, les habiletés sociales constituent la cinquième composante de l’intelligence émotionnelle et se définissent, selon Goleman, par l’habileté à bâtir et diriger des équipes, l’habileté à influencer et convaincre et enfin l’habileté à collaborer de manière optimale en toutes circonstances.  

Est-ce que l’intelligence émotionnelle peut s’acquérir ou si c’est inné? La bonne nouvelle est que, d’un point de vue scientifique, bien qu’il semble y avoir certaines prédispositions génétiques, tout ne s’arrête pas là! Il est possible de développer son intelligence émotionnelle à travers la pratique et la rétroaction! Voici donc quelques pistes de développement :

  • Travailler l’ouverture des gestionnaires à expérimenter autrement dans un premier temps.
  • Demander à des gens de confiance d’offrir au leader de la rétroaction bienveillante.
  • Offrir du coaching de gestion où les gestionnaires sont encouragés à s’observer pour mieux se connaître et à réfléchir à leurs pratiques pour développer, petit à petit, leur intelligence émotionnelle.

En 2018, l’intelligence émotionnelle, ce n’est pas un luxe pour un leader, c’est une nécessité!


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