La naissance du télétravail: la petite histoire

Par Stéphanie Lagand

En ces temps de coronavirus, le sujet du télétravail est plus qu’évident, voire banal... pourtant ce n’est pas une façon de travailler qui est si spontanée que cela pour certaines organisations… mais il s’agit d’un autre sujet. 


Cet épisode est aussi le moment de revenir sur la naissance et l’historique de ce concept qui... n’est pas si vieux que cela!


Définition du télétravail selon l’article L.1222-9 du Code du travail français : « Le télétravail désigne toute forme d’organisation du travail dans laquelle un travail qui aurait également pu être exécuté dans les locaux de l’employeur est effectué par un salarié hors de ces locaux de façon volontaire en utilisant les technologies de l’information et de la communication »


LES PREMIERS SIGNES DANS LES ANNÉES 1950 

Les premiers signes du télétravail sont apparus en 1950, au moment où Norbert Wiener, alors architecte supervise depuis l’Europe la construction d’un bâtiment aux États-Unis. Norbert Wiener utilise des moyens de transmission de données pour suivre l’avancée des travaux.


Et du concret avec l’arrivée du fax

Les véritables notions du télétravail viennent de l’invention du fax et du téléphone en 1970 portés par le terme « Téléwork ». Le terme « Téléwork » apparaît pour la première fois en 1972 dans un article du Washington Post.


Le développement des technologies de l’information dans les années 90 permet par la suite d’intégrer définitivement le télétravail comme nouvelle méthode de travail. 


Un statut de télétravailleur encore très récent

C’est en 2002 qu’un accord est tombé au niveau européen qui renforce les droits et la sécurité de ce nouveau monde de travail. En France, le Président de la République Emmanuel Macron a intégré définitivement le télétravailleur comme mode de travail avec les ordonnances Macron du 22 septembre 2017. Il donne une définition au télétravail avec le statut et les droits du télétravailleur.



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LES CONTEXTES D’ÉVOLUTION DU TÉLÉTRAVAIL

Le contexte technologique  

L’apparition des NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication) dans les années 90 a permis de pratiquer le télétravail avec uniquement un ordinateur et une connexion Internet. Le développement, par la suite, de la sécurisation des échanges et l’évolution des communications avec la création de visioconférences a facilité les conditions du télétravail.

Les nouvelles applications créées constamment et l’amélioration des connexions Internet n’ont fait qu’améliorer techniquement le télétravail. Techniquement, car l’évolution de la société/du système des organisations en est une autre…


Le contexte sociétal/politique et RH

Le télétravail a su s’imposer (ou presque) au niveau européen en 2002 par l’accord-cadre européen sur le travail hors des locaux de l’entreprise signé par les partenaires sociaux suite à différentes études sur cette nouvelle méthode de travail qui pourrait diminuer la fatigue et le stress. Le télétravail permet en effet d’assouplir ses horaires selon ses contraintes et d’éviter les transports. Le télétravailleur bénéficie désormais des mêmes droits que le travailleur effectuant son travail dans les locaux de son entreprise.


En France, l’ordonnance Macron du 22 septembre 2017 permet de reconnaître le télétravail comme une méthode de travailler. Le télétravail est désormais encadré par le Code du travail français qui apporte des précisions sur :

  • sa mise en place;
  • les droits du télétravailleur et de son employeur;
  • les équipements du télétravailleur.


Il ne faut pas oublier également une évolution des consciences écologiques qui a permis permet le développement du télétravail : en effet, en tant qu’employeur ou travailleur, on considère aujourd’hui de plus en plus l’impact énergétique/écologique de notre travail.


Le contexte écologique

Un premier élément important : la perte de temps liée aux déplacements dans les transports coûte chaque année pas moins de 5,9 milliards d’euros à l’économie française. On peut également évoquer le carburant gaspillé et revenir sur le stress engendré par les transports (notamment donc en voiture selon les lieux d’habitation, les villes étant en forte croissance de population dans tous les cas).


On peut ainsi dire que le télétravail réduit l’impact énergétique lié aux transports pour rejoindre son entreprise. Ce qui n’est pas rien aujourd’hui, dans un contexte de prise de conscience prégnant de l’environnement. Un vrai facteur de sens également pour de plus en plus de collaborateurs.


Le contexte économique 

Les charges immobilières d’une entreprise peuvent être impactantes selon la taille de l’organisation et sa croissance. On peut aujourd’hui penser croissance de son entreprise en termes de nombre de collaborateurs et de chiffre d’affaires sans avoir forcément un impact sur ses charges immobilières si l’organisation décide rapidement d’une mise en place de télétravail/flexi-bureaux (bureaux tournants). 


En effet, selon une enquête de la DGE (Direction générale des Entreprises) publiée en 2012, le télétravail apporterait jusqu’à 30 % d’économie sur la surface immobilière de l’employeur. Le télétravail diminue le nombre d’espaces nécessaires aux collaborateurs ce qui réduit le coût de l’immobilier pour l’employeur. 


Aujourd’hui, où en est-on?

Actuellement, le télétravail est devenu un argument d’attraction pour les collaborateurs, mais pas pour tous. En effet, on a aussi pu constater un isolement grandissant du télétravailleur. 


Certains sont à l’aise avec cet « isolement » (qui reste une perception très personnelle selon les individus), d’autres non, et éprouvent le besoin de voir leurs équipes, leurs collègues ou les partenaires avec qui ils collaborent. Le développement des espaces de « coworking » est alors apparu comme une solution permettant de briser cet isolement. 


Par contre, il est certain qu’aujourd’hui, en raison de cet épisode du covid-19, il nous faudra développer d’autres approches pour briser un isolement qui, de plus, n’a pas été choisi par le collaborateur et l’entreprise…


« Chacun chez soi, mais ensemble quand même »

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