Posture coaching : Ralentir pour optimiser les résultats

Par Lyne Girouard et Sylvie Paradis

Dans cet article, nous poursuivons notre exploration des parallèles à faire entre les compétences de coach et les habiletés du gestionnaire. Ce mois-ci, nous entamons le dernier bloc des compétences selon ICF (« International Coach Federation » = Fédération internationale des coachs) « Faciliter l’apprentissage et les résultats ». Nous porterons notre attention sur la huitième compétence : La création d’une prise de conscience. Les trois autres compétences de ce bloc : actions spécifiques, planification et gestion des progrès seront abordées dans un ou des articles subséquents.

ICF définit la compétence reliée à la création d’une prise de conscience comme la capacité du coach « à intégrer et correctement évaluer de multiples sources d’information et à réaliser des interprétations aidant le client à prendre conscience de son potentiel et ainsi obtenir les résultats convenus ».


En clair, il s’agit pour le coach de soutenir son client afin que celui-ci puisse faire un pas de recul et voir sa situation autrement avant de plonger directement dans le bassin des solutions. La prise de conscience de son impact, de ses angles morts, de ses forces et de ses ressources lui permettra de déterminer les composantes de son plan d’action avec plus d’acuité et de justesse. Ici, « ralentir » (voir articles précédents) prend tout son sens. Comme coach (et comme gestionnaire), il faut impérativement « se faire violence » et modérer, voire réprimer momentanément sa propension à offrir des solutions.


En tant que gestionnaire dont les minutes sont comptées, quel est l’avantage de procéder ainsi avec ses employés?


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Prendre le temps d’explorer ce qu’éprouve l’employé face à sa situation lui permet de voir plus clair sur ses possibles résistances internes et facilite l’émergence des conditions gagnantes pour son passage à l’action :

« Qu’est-ce qui te préoccupe dans ce dossier? »

« Boss, je ne me sens pas à l’aise avec l’aspect politique du dossier. »


Ici le gestionnaire peut mettre en lumière les compétences de l’employé et lui rappeler le dossier X sur lequel ce dernier avait démontré tant d’habiletés politiques. Une autre option pour le gestionnaire est de permettre à son employé de trouver lui-même ses propres stratégies de soutien face aux exigences politiques du dossier :

« Qu’est-ce qui te manque pour être davantage à l’aise? »

« Boss, j’aurais besoin de m’assurer de l’adhésion de la haute direction à ce projet. »

« En quoi est-ce important pour toi? »

« Laquelle de tes compétences va te soutenir le plus dans cette situation? »

« Que comptes-tu mettre en place afin de te rassurer à cet égard? »


On le constate, ce questionnement permet à l’employé une plus grande conscience et développe aussi son autonomie et sa responsabilisation. Il s’agit pour le gestionnaire d’utiliser son intuition et de rester à l’affût des signes non verbaux afin de favoriser la réflexion et d’amener l’interlocuteur à une plus grande capacité d’action.


En effet, il arrive qu’à sauter trop rapidement aux solutions, on ne règle pas le véritable enjeu. On ne permet pas à l’employé d’être complètement investi dans son plan d’action et au final, les résultats sont mitigés. Ou pire encore, il arrive qu’on passe un temps fou à argumenter et contre-argumenter sur l’impossibilité de mettre en place les solutions proposées par le gestionnaire. Cela devient une « partie de ping-pong communicationnelle improductive ».


Est-ce que ce type de questionnement exploratoire demande plus de temps? Non. Cela ne demande pas plus de temps; cela demande de ralentir!


Ce questionnement permet à l’employé d’être davantage mobilisé, favorise son passage à l’action et maximise ses chances d’atteindre ses objectifs. De plus, cela lui permet non seulement d’augmenter son niveau de conscience, mais cela le rend définitivement plus intelligent, plus apte à retenir des options en lien avec ses valeurs et plus éveillé face à son impact ou aux écueils qu’il doit éviter. Quel gestionnaire peut se passer aujourd’hui, d’employés plus mobilisés, plus engagés et plus intelligents?


Permettez-vous de questionner et d’offrir de l’altitude à vos employés; ils vous en seront reconnaissants!


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