Qu’est-ce que ça veut dire pour vous?

Par Lyne Girouard et Sylvie Paradis

Dans cet article, nous poursuivons le partage de notre passion pour l’approche coaching en la mettant au service des gestionnaires. Lors de nos formations sur les habiletés de coaching en gestion, les gestionnaires nous témoignent souvent de la pertinence de l’approche dans leurs interactions avec leurs collaborateurs : je ralentis l’expert en moi en donnant moins de conseils et je m’assure d’être vraiment à l’écoute. Ça fait déjà une grosse différence!

Ce mois-ci, nous explorerons davantage la septième compétence de coaching selon ICF (Fédération internationale des coachs) : Pratiquer une communication directe. Vous pourrez revoir les six premières compétences dans nos articles précédents.

Pour le coach, la communication est directe lorsque son langage est le plus en phase possible avec celui de son client. Il exprime ses commentaires en demeurant détaché et sans brusquer la personne coachée. Dans un partenariat d’égal à égal, le coach accorde un temps de parole supérieur au sien et n’oriente pas le dialogue. Il reformule les propos pour ouvrir la réflexion sur d’autres perspectives et soutient la personne dans la poursuite du cap visé.

En tant que gestionnaire, comment pratiquer une communication directe avec vos collaborateurs? Tout d’abord, rappelons les conditions préalables :

  • Être dans la qualité de présence et en mode écoute. En effet, la meilleure des questions verra son impact anéanti par une écoute distraite.  
  • Avoir la conviction que l’autre possède en lui tout le potentiel nécessaire à son développement.
  • Ralentir l’expert en soi et retenir ses conseils afin de laisser l’autre accéder à ses propres réponses.
  • Choisir les mots qui résonnent pour l’autre dans la pratique de la reformulation et dans le questionnement.

Plus on est réceptif au cadre de référence de l’autre, plus celui-ci se sent compris et en confiance. Le but est de donner à l’interlocuteur la possibilité d’approfondir sa réflexion et ses apprentissages.  Dans quelle mesure comme gestionnaire, ais-je le réflexe de m’harmoniser avec le langage des personnes que je supervise?

Un bon moment pour le faire est lors des reformulations.  Cette pratique consiste à redonner à l’autre l’essence de son message, pour l’aider à progresser dans sa réflexion. L’accompagnant pourra utiliser les mots de son interlocuteur et les siens afin de transformer légèrement la perspective et créer de nouveaux points de vue. Dialogue entre un gestionnaire et son collaborateur :

  • Qu’est-ce que tu veux vraiment?
  • Je veux savoir comment déléguer pour avancer plus rapidement dans nos projets.
  • J’entends que tu souhaites apprendre à déléguer avec plus d’efficacité? Est-ce bien de cela qu’il s’agit?
  • Oui.
  • Qu’est-ce que ça veut dire pour toi : délégation efficace?

crédit:depositphotos.com

Il est clair que le gestionnaire qui pose ce genre de question doit laisser du temps de parole à l’autre pour réfléchir et s’exprimer. Ce faisant, l’objectif sera plus clair et les moyens d’y parvenir plus ciblés. On pourra être certain qu’on travaille sur le bon objectif.

La communication directe suppose aussi que le gestionnaire n’offrira pas dès le départ une multitude de conseils et ne fera pas étalage de sa sagesse et de son expérience.  Moi si j’étais toi…

Il permettra d’abord à l’autre de réfléchir, de préciser sa pensée et d’évaluer les options qui lui viennent à l’esprit. Des questions directes, simples et ouvertes telles que : Quelles sont tes options? versus Ne penses-tu pas que tu devrais…? sont beaucoup plus sujettes à développer l’autonomie et la responsabilisation.

Cela n’exclut pas que le gestionnaire, au moment opportun, c’est-à-dire après avoir soigneusement écouté son employé, soit en mesure de partager à son collaborateur ses observations, ses commentaires voire ses ressentis.  Pour maximiser son impact,  il les exprimera directement et avec respect, sans vouloir avoir raison à tout prix, en les offrant plutôt comme pistes de réflexion additionnelle pour son employé.

La communication directe en coaching comme en gestion, présuppose une posture d’apprenant et de curiosité. Les questions trop longues, les mots techniques maîtrisés seulement par un des deux interlocuteurs, les présuppositions ou encore les interprétations n’ont pas leur place.

Il est important de se rappeler qu'écouter l’autre et lui laisser de l’espace de parole n’est pas synonyme de perte de temps, bien au contraire. Il s’agit de ralentir pour pouvoir ensuite aller plus vite. Ce qui n’est pas clair ou mal interprété au départ nécessitera très souvent des ajustements par la suite. Alors comme gestionnaire, comment considérez-vous votre façon de communiquer?

Lors de notre prochain article, nous commencerons la série de compétences de coaching qui permettent de faciliter l’apprentissage et la réussite. Ces compétences se tournent résolument vers la prise de décisions et d’actions ainsi que sur la réalisation des objectifs et des apprentissages : concrètement, comment vas-tu t’y prendre?


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