Agir avec courage et les décisions difficiles

Par Justine Gagnon

Il y a quelques mois, j’ai animé un atelier sur le courage managérial et la prise de décisions difficiles.  Mes recherches furent l’occasion de prendre du recul et d’analyser mes propres réactions.


Les pièges…

De nombreuses embûches ou excuses se dressent souvent entre nous et notre décision à prendre :

1. Espérer que les conditions parfaites soient réunies ou que toutes les informations nécessaires soient disponibles

2. Déléguer à quelqu’un d’autre notre décision

3. Souhaiter que la solution s’impose d’elle-même.


Malheureusement, ces excuses pour retarder la décision ont souvent comme effet de générer un sentiment de stress et d’inconfort.


Voici quelques meilleures pratiques afin de faire face à cette décision :


1. Introspection :  Idéalement, il faut reconnaître la décision difficile à prendre et les craintes qu’elle suscite ainsi que les impacts potentiels. 

2. Faire preuve de curiosité :  Nous assumons souvent beaucoup de choses et donc il est toujours judicieux de remonter à la source.  De plus, c’est l’occasion de collecter des faits et des données et de solliciter d’autres collègues à l’intérieur ou à l’extérieur de notre organisation afin de prendre du recul et identifier des avenues insoupçonnées.  

3. S’ancrer :  Une excellente vidéo Ted de Ruth Chang sur les choix difficiles nous fait prendre conscience que nous avons tendance à comparer 2 choix entre eux comme s’il s’agissait d’aspects comparables comme pour des aspects tangibles.  Cependant, ces choix comportent des avantages et des inconvénients différents et donc il est recommandé de plutôt considérer chacun de ces choix par rapport à nos valeurs. 

4. Tester:   Plutôt que d’assumer l’entièreté de la décision, lorsque possible tester la décision auprès de collègues pour valider et ajuster au besoin.  Ne pas hésiter à déployer en phases afin de pouvoir se réajuster au besoin.

5. Assumer : La décision et le fait qu’elle n’est peut-être pas parfaite.  Au besoin, faire face aux conséquences.

6. Apprendre :  Identifier les apprentissages pour en tirer profit pour la suite.

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Prenez un exemple d’un gestionnaire qui doit adresser la mauvaise performance d’un membre de son équipe.  Avant de passer à l’action, ce dernier devra confirmer qu’il est le temps d’avoir une discussion, malgré sans doute un certain niveau de stress et d’inconfort.  Si le gestionnaire hésite, plutôt que de faire la liste des bénéfices ou inconvénients entre la possibilité de ne rien faire et d’adresser le problème, il serait judicieux justement de se référer à ses valeurs et celles de l’entreprise.  Par exemple, si la transparence, la performance et l’équité, sont importantes, alors cela peut justifier justement d’avoir une discussion franche sans attendre.


Avant de passer à la rencontre, il faut une bonne préparation.  Je recommande d’écrire ses messages clés et tester verbalement ses messages pour s’assurer qu’ils sont clairs et concis et éviter de « noyer le poisson dans l’eau ».


Une fois cette préparation complétée, il faudra que le gestionnaire soit prêt à recevoir les émotions et réactions du membre de son équipe.    Peut-être certains aspects seront difficiles.  Cependant, si la préparation est  adéquate et la décision est cohérente avec les valeurs,  alors les conséquences seront plus faciles à assumer.  Il n’est cependant pas impossible que des éléments nouveaux face surface.  Dans ce cas, il faut pouvoir revisiter la décision ou ajuster pour la suite.

 

La situation particulière de la pandémie nous pousse à prendre des décisions parfois très difficiles, sans avoir toutes les informations disponibles.  Se référer à nos valeurs et aller en mode test peuvent constituer de bons moyens de prendre des décisions.    Les employés ont souvent de la difficulté avec des gestionnaires ou collègues qui semblent être hésitants ou inconstants avec leurs valeurs et lorsque les décisions ne semblent pas assumées.  Il ne faut pas hésiter à dévoiler nos valeurs sous-tendant nos choix et même se rendre vulnérable comme le recommande Brenée Brown.  Ainsi nos appréhensions et les impacts des décisions difficiles seront souvent moindres qu’anticipé.


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