Enquête RH 2019 : Les effets de la nouvelle réforme sur la formation en France

Par Hugo Bessaguet

En vigueur depuis le 1er janvier 2019, la toute nouvelle réforme de la formation professionnelle appelée « Loi pour la Liberté de choisir son avenir professionnel » implique bien des changements en France, et ce, pour tous les acteurs du secteur. On note entre autres comme grands changements la monétisation du Compte personnel de formation (CPF) pour les particuliers, la modification des OPCA en OPCO ou encore la création d’une agence nationale, France Compétences qui sera gérée par l’État, par les organisations patronales et syndicales. En début d’année, le site dédié à la formation professionnelle, Topformation, a interrogé plus de 10 000 RH de TPE, PME et grandes entreprises afin de recueillir leur ressenti face à cette réforme et de connaître les « challenges » auxquels elles font le plus fréquemment face.

Côté du salarié, on observe un passage de la monétisation du CPF d’heures en euros. Celui-ci cumulait 24 h de formations financées avec un plafond de 150 heures et suite à la réforme, il cumule désormais 500 euros par année de travail avec un plafond de 5 000 euros s’il est un salarié qualifié. Sans qualification, le salarié pourra cumuler 800 euros par an avec un plafond de 8 000 euros. Ces droits du CPF s’appliqueront de la même manière pour les salariés à temps partiel. L’idée est de tendre à amenuir le manque d’homogénéité dans l’accès à la formation entre les cadres et les salariés puisqu’une heure de formation pour un cadre coûtera plus cher qu’une heure de formation pour un salarié. L’objectif est également de rendre les salariés davantage acteurs de leur parcours de formation. En effet, seulement 2 % des RH et responsables de la formation interrogés par l’enquête de Topformation ont déclaré que le salarié avait pour charge d’évaluer le développement de ses compétences, contre 24 % pour les ressources humaines, 51 % pour le supérieur hiérarchique et 18 % pour le management. Ce besoin d’engagement de la part des salariés est partagé par la plupart des RH interrogées : « Des changements sont à venir, mais cela est un levier pour modifier le plan de formation de l’entreprise. La formation devient un véritable investissement et les salariés doivent être acteurs de leur carrière ».


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Avec cette réforme, les RH et responsables de la formation vont devoir adopter une approche qui s’apparente davantage à du conseil pour être en mesure de présenter à chaque salarié les possibilités de formation qui s’offrent à lui. Il s’agira également de mieux structurer les formations déjà existantes au sein des entreprises, notamment celles qui sont plus informelles, données à l’interne par un salarié expert dans un domaine en particulier, par exemple. Il faudra davantage savoir identifier les besoins de formation afin d’être mieux en mesure d’estimer le retour sur investissement du suivi de la formation pour les salariés et d’être capable de juger les effets bénéfiques de celle-ci sur leur travail et leurs résultats. La difficulté de démontrer le retour sur investissement de la formation est citée en premier lieu par les RH et responsables de la formation comme l’une des principales difficultés rencontrées au sein du département RH en termes de développement des compétences. Viennent ensuite le budget limité, le fait d’avoir une petite équipe RH, la difficulté d’identifier les besoins de formation, le soutien limité du management vis-à-vis des activités RH, la difficulté de trouver des ressources en interne pour effectuer la formation et enfin la difficulté d’appliquer des activités RH à la stratégie de l’entreprise.


Retrouvez l’intégralité des résultats de cette grande enquête RH dans ce dossier spécial en cliquant ici : https://www.topformation.fr/guide/articles/enquete-rh-2019-15164


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