Êtes-vous las des réseaux sociaux?

Par Emilie Pelletier et Didier Dubois

Juste avant les fêtes, Frédéric Gonzalo publiait un excellent article (Quand la fatigue des médias sociaux s’installe) qui souligne la lassitude qui s’installe progressivement vis-à-vis des réseaux sociaux. Si la réflexion de notre confrère est plus axée sur un contexte de promotion des produits et des services, il faut le dire, cela s’applique tout aussi bien à l’utilisation des réseaux sociaux en ressources humaines.


Pourquoi est-on las des réseaux sociaux?


Les réseaux sociaux sont devenus ennuyeux

Il faut l’avouer, les réseaux sociaux ne se réinventent plus beaucoup. Cela fait longtemps que l’on n’a pas eu un « Wow » sur les réseaux sociaux. La plupart des plateformes se contentent de copier ce que font les autres comme en témoigne, par exemple, l’arrivée du « Live streaming » sur Linkedin en début d’année 2019, bien après la plupart des autres plateformes. Les prochains développements des réseaux sociaux seront principalement en termes d’intelligence artificielle, ce qui affectera fondamentalement la performance des outils, mais de manière beaucoup moins spectaculaire pour le commun des mortels. Cela explique sans l’ombre d’un doute la montée d’Instagram et de TikTok : des plateformes beaucoup plus distrayantes, mais nettement moins « cérébrales ».

 

On publie pour publier 

La qualité du contenu est également un enjeu. Plusieurs organisations se sont dotées d’un plan de diffusion de contenu sans avoir de réelles stratégies de contenu. Les diffusions ressemblent donc plus à une énorme courte pointe, sans fil conducteur, sans qu’une image précise s’en dégage. C’est un assemblage de messages qui ne semble pas rattaché à une idée principale que l’on souhaite partager. 


Le contenu est trop commercial!

Malheureusement, compte tenu que le temps et les ressources sont limités en entreprise, les gestionnaires de contenu sont souvent obligés de prioriser du contenu ayant un potentiel de retour sur investissement à court terme. Dans ce contenu dit de conversion, ou encore appelé transactionnel, on pourra trouver des offres d’emploi, des invitations à participer à un événement et plus largement, des promotions ou des publicités.


Le contenu à valeur ajoutée, celui qui pourrait réellement susciter un intérêt chez les internautes n’est pas priorisé puisqu’il ne génère habituellement que des retours à moyen ou long terme. Les politiques de diffusion des contenus des différentes plateformes (incarnées par leurs algorithmes) encouragent d’ailleurs ce cercle vicieux. Si vous voulez être certains que votre contenu soit vu, les plateformes exigent que vous le « sponsorisiez ». Or, les entreprises ne sont  prêtes à investir que si elles sont convaincues qu’il y aura un retour sur investissement calculable et mesurable à court terme. Le contenu le plus visible, celui qui est « sponsorisé » est donc principalement du contenu publicitaire. 


Malheureusement, les réseaux sociaux sont devenus des outils de collecte d’information pour mieux vous connaître et vous bombarder de publicités de manière très ciblée sur une multitude d’autres plateformes.


crédits: depositphotos.com

Faut-il se désengager des réseaux sociaux?

Non absolument pas! Par contre, il faut repenser l’engagement que l’on a sur ces plateformes. 


Tout d’abord, il faut cesser de vouloir à tout prix avoir un retour à court terme. Le vrai retour sur investissement sera à court, moyen et long terme. Si vous ne cherchez que des gains à court terme vous allez rapidement devenir ennuyeux.


Ensuite, il faut oublier le fantasme du dialogue. À part pour certaines marques cultes, les internautes ne sont pas vraiment intéressés à dialoguer avec une marque (sauf lorsque l’on veut se plaindre de notre compagnie aérienne pour une annulation de vol). Ils souhaitent plutôt dialoguer avec des personnes. Les réseaux sociaux sont donc d’abord et avant tout, des plateformes de diffusion de contenu. On peut y faire de la publicité comme on peut le faire avec des panneaux publicitaires sur le bord de l’autoroute ou encore, des publicités à la télévision (mais avec une capacité nettement supérieure à segmenter le contenu). On peut également influencer les perceptions en partageant un contenu informatif, éducatif, inspirant ou encore distrayant. Il faut par contre avoir pris le temps de définir le contenu à valeur ajoutée que l’on souhaite partager et on le sait, le temps est une denrée rare en entreprise.


En 2020, revenons à l’essentiel

De manière générale, lorsque l’on communique, c’est parce que l’on a quelque chose à partager. Ce n’est pas uniquement pour faire passer à l’action une personne à qui l’on s’adresse. Vous ne voulez pas avoir l’air du « vieux mononcle » qui pendant les repas de famille ne vous adresse la parole que pour essayer de vous vendre les produits de l’entreprise pyramidale à laquelle il participe. Les conversations avec vos amis durant lesquelles vous vous sentez écouté, vous apprenez des choses, vous partagez des émotions sont beaucoup plus intéressantes. Ne trouvez-vous pas? 


En tant qu’entreprise, communiquez moins, mais communiquez mieux. À chaque fois que vous diffusez un contenu, posez-vous les questions suivantes : 

  • Est-ce que ce contenu a vraiment une valeur ajoutée pour les gens avec qui je veux parler?
  • Qu’est-ce que les internautes vont retenir au sujet de mon organisation à la lecture de ce contenu?
  • Quand ai-je diffusé pour la dernière fois un contenu à valeur ajoutée sans avoir nécessairement pour attente que les gens achètent un produit ou un service de mon entreprise?
  • Quand ai-je diffusé pour la dernière fois un contenu à valeur ajoutée sans avoir nécessairement pour attente qu’un candidat envoie son CV?


Entendez-nous bien : l’objectif ultime de toute cette communication est que les gens s’intéressent à votre organisation et viennent éventuellement y travailler. Mais avant de vous choisir, il faut que les candidats apprennent à vous connaître et à vous apprécier, et pour cela, vous aurez besoin d’une solide stratégie de contenu. 


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