Légalement, la fin du monde ne surviendra pas en Suisse
Le Centre européen pour la recherche nucléaire (CERN) ne fera pas disparaître la planète Terre mercredi, estime la justice, contrairement aux accusations de chercheurs américains.
Ceux-ci craignent que l’accélérateur de particules du CERN, qui sera mis en route le mercredi 10 septembre à Genève, ne fasse apparaître un trou noir susceptible d’aspirer la Terre, voire même l’Univers tout entier.
En mars dernier, Walter Wagner, un docteur en droit, et Luis Sancho, un écrivain et chercheur, avaient déposé une plainte contre le Cern devant la Cour fédérale d’Hawaii, aux États-Unis.
Mais les deux Américains avaient oublié qu’un tel tribunal américain n’a aucune compétence pour juger des affaires européennes.
Ils ont été suivis par des opposants européens au projet du CERN, déboutés à leur tour par la Cour européenne des droits de l’Homme le 29 août dernier.
L’accélérateur de particules, dénommé Large Hadron Collider (LHC) ou Grand Collisionneur Hadronique, doit permettre aux physiciens d’étudier les plus petites composantes de la matière, en recréant les conditions qui prévalaient peu après le Big Bang.
L’engin est composé d’un anneau de 27 kilomètres de circonférence enterré sous la frontière entre la France et la Suisse, et réfrigéré à -271,3 degrés Celsius. Il a nécessité 14 ans de travail, et 8 milliards de dollars.
Dans l’anneau, des protons seront propulsés puis se heurteront à très haute vitesse. Par instants, la température générée pourra atteindre 100 000 fois celle du soleil.
Chaque collision de protons dégagera l’énergie de deux moustiques qui se téléscopent, relativise le CERN.
Les scientifiques du CERN espèrent déterminer le composant ultime de la matière, une particule appelée boson de Higgs. Depuis 40 ans, la théorie physique prédit son existence sans avoir jamais pu l’observer.
Les six expériences menées grâce à cet outil pourraient aussi permettre, par exemple, de savoir si il existe d’autres dimensions que la nôtre, ou encore de connaître la nature d’autres types de matière que celle que nous connaissons.
Si l’expérience provoque la fin du monde, pourra-t-on quand même porter plainte, jeudi ?
D’après Le Temps
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